La franchise catastrophe naturelle est fixée par voie réglementaire et ne se négocie pas. Pour les sinistres sécheresse reconnus catastrophe naturelle, la franchise légale applicable s’élève à 1 520 euros. Ce montant est connu, assumé, et il fait partie du régime. Le problème apparaît quand il devient un argument de fermeture plutôt qu’une ligne de décompte.
Nous avons lu intégralement un rapport adverse concluant à un « montant de l’enjeu : 0 euro », au seul motif de cette franchise, sans qu’aucune investigation n’ait été menée sur l’ampleur réelle des désordres. Autrement dit : la franchise a été opposée avant même que le coût des reprises ait été évalué. C’est une inversion de méthode. On chiffre d’abord le dommage, on déduit ensuite la franchise ; l’inverse relève de la posture.
Cette confusion est d’autant plus coûteuse que les enjeux dépassent très largement 1 520 euros dès qu’il faut reprendre des fondations, réaliser un drainage périphérique ou traiter une structure. Une évaluation sérieuse de l’ampleur des désordres est donc la condition préalable à toute discussion sur le reste à charge.
L’imputabilité, vrai terrain du refus après arrêté CatNat
Sur quatre dossiers de contre-expertise que nous avons instruits, trois refus ont été opposés alors que l’arrêté existait. Le motif n’était jamais la contestation du phénomène : c’était l’invocation d’une cause de substitution présentée comme non structurelle. Absence de joint de fractionnement, défaut de gouttière, arbre trop proche de la construction. Chaque fois, l’exclusion a été prononcée sans qu’aucune étude géotechnique n’ait été menée.
C’est ici que la norme NF P 94-500 devient déterminante. Elle classe les missions d’ingénierie géotechnique de G1 à G5, et seule la mission G5 permet de caractériser ou d’exclure un mécanisme de retrait-gonflement sur un ouvrage existant. Une exclusion prononcée sans G5 n’est donc pas une démonstration : c’est une appréciation. Nous l’avons opposée avec succès sur un dossier où l’étude en cause représentait 5 000 euros, à comparer aux 1 200 euros de l’audit caméra des réseaux réalisé en parallèle pour écarter l’hypothèse hydraulique.
Le raisonnement d’imputabilité que nous conduisons est comparatif : on n’écarte pas une cause parce qu’une autre est possible, on hiérarchise les causes selon ce que montrent la géométrie des désordres, leur cinétique et l’état des réseaux. La mécanique fine du phénomène de retrait-gonflement, elle, relève d’un examen dédié aux sinistres sécheresse.
Expertise contradictoire : ce que nous faisons à la réunion
La réunion d’expertise est le moment où le dossier bascule, et elle dure quelques heures. Nous y sommes présents aux côtés de l’assuré, avec un objectif simple : que rien de déterminant ne soit acté sans être discuté. L’expertise contradictoire n’est pas un affrontement, c’est un cadre où chaque constatation doit être formulée, localisée et justifiée. Un désordre non relevé au procès-verbal existe beaucoup moins bien ensuite.
Concrètement, nous contrôlons le périmètre des constatations, la cohérence entre les désordres visibles et la cause avancée, la présence ou l’absence d’investigations réelles, et la manière dont l’expert de la compagnie formule son analyse d’imputabilité. Nous demandons que les hypothèses de substitution soient étayées, et nous consignons les points de désaccord au moment où ils naissent, pas trois mois plus tard.
Nos délais d’intervention sont stables. De la saisine du cabinet, dossier complet, jusqu’à la remise du rapport, il s’écoule six semaines. Lorsqu’un protocole de suivi des désordres est engagé, les relevés par fissuromètres s’échelonnent tous les trois mois pendant douze mois. Le contenu du rapport et sa force probante font l’objet d’un traitement spécifique dans notre méthode d’après-sinistre.
Refus malgré la déclaration catastrophe naturelle : la contestation
Un refus après arrêté CatNat n’est pas une décision de justice, c’est une position technique susceptible d’être discutée sur son propre terrain. Nous produisons alors une note d’escalade : reprise point par point des motifs opposés, mise en évidence des investigations absentes, rappel du cadre normatif applicable, et démonstration de ce que le dossier établit réellement. Entre la réception d’un refus motivé et l’envoi de la contestation argumentée, il s’écoule onze jours.
La contestation vise d’abord les failles de méthode, parce que c’est là qu’elles se trouvent. Une cause de substitution avancée sans mesure, une exclusion structurelle sans mission G5, un enjeu déclaré nul avant tout chiffrage, une chronologie incompatible avec la période de reconnaissance : chacun de ces points est vérifiable et opposable. Le débat cesse d’être une opinion contre une autre dès lors qu’il est ramené à des pièces.
Nous ne portons pas l’affaire devant le juge : la représentation en justice relève de l’avocat, et nous le disons d’emblée. En revanche, un dossier technique construit pour être opposable sert exactement à cela. Les voies de recours proprement dites et l’économie d’une contestation sont détaillées ailleurs.
Prescription portée à cinq ans pour la sécheresse reconnue
La loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 relative à l’indemnisation des catastrophes naturelles a porté de deux à cinq ans la prescription des actions relatives aux dommages de sécheresse-réhydratation des sols reconnus CatNat. Cette modification change la donne pour tous les assurés pris dans des procédures longues, et elles sont nombreuses sur ce type de sinistre.
Rapportée à la chronologie observée sur un dossier — 12 mois avant l’arrêté, 6 mois avant l’expertise, 14 mois avant le rapport de refus — l’ancienne prescription de deux ans plaçait mécaniquement une partie des assurés hors délai avant même de connaître la position définitive de leur assureur. Cinq ans laissent le temps d’instruire, de contester et, le cas échéant, de faire trancher.
Cette prescription n’est pas une invitation à attendre. Plus le temps passe, plus les preuves de l’état initial se dégradent et plus il devient difficile de rattacher un désordre à une période de reconnaissance précise. La bonne lecture est inverse : le délai protège celui qui a documenté tôt, il ne sauve pas celui qui n’a rien consigné.
Sinistre déjà indemnisé une fois : le piège de la reprise cosmétique
Un même bien peut être touché deux fois par un phénomène reconnu, et l’antécédent joue alors un rôle central. Sur un dossier, un premier sinistre reconnu avait donné lieu à une indemnisation de 7 265,66 euros TTC pour des travaux réellement facturés 8 250,26 euros TTC, soit environ 985 euros restés à charge. Les reprises réalisées étaient superficielles : elles ont tenu huit ans avant réapparition des désordres.
Ce cas de figure produit deux effets pervers. D’un côté, l’assureur peut soutenir que le dommage a déjà été indemnisé, alors que la cause n’a jamais été traitée. De l’autre, l’assuré se retrouve avec un historique de réparations cosmétiques qui masque la progression du mécanisme. La lecture du premier dossier devient donc une pièce technique à part entière : nature des travaux financés, adéquation entre le chiffrage retenu et le désordre constaté, présence ou non d’une reprise structurelle.
Nous reconstituons cet historique avant la réunion d’expertise. Un antécédent bien documenté cesse d’être un argument contre l’assuré : il démontre au contraire la persistance du phénomène et l’insuffisance des reprises antérieures.
Ce que la déclaration catastrophe naturelle ne réglera pas
Poser les limites fait partie du travail. Une déclaration catastrophe naturelle bien construite ne fabrique pas un arrêté qui n’existe pas, ne crée pas une couverture pour une période non reconnue, et ne transforme pas un défaut de construction en dommage assurable. Elle ne fait pas disparaître la franchise, et elle ne garantit pas un délai de règlement rapide : la compagnie conserve son propre calendrier d’instruction.
Deux sujets sortent explicitement de notre périmètre. L’obtention de l’arrêté relève de la commune, qui dépose le dossier de demande, et de la préfecture, qui l’instruit avant décision interministérielle : nous pouvons vous indiquer où en est la procédure, nous ne pouvons pas l’accélérer. La représentation en justice relève de l’avocat, et notre rapport a précisément pour fonction de lui fournir une matière technique exploitable.
Ce que nous garantissons est plus étroit et plus utile : que votre dossier soit vérifié, daté, techniquement défendable, et que la position de l’assureur soit examinée sur ses propres critères plutôt que subie. La typologie des situations d’assurés et les cadres d’intervention possibles sont présentés dans notre approche générale de la défense de l’assuré.
Honoraires, saisine et pièces à réunir avant le premier échange
Chaque dossier CatNat a une géométrie différente : nombre de désordres, ancienneté, existence d’un antécédent indemnisé, présence ou non d’investigations déjà réalisées, stade de la procédure au moment de la saisine. Nous établissons donc un devis au dossier, après examen des pièces, plutôt qu’un tarif affiché qui ne correspondrait à aucune situation réelle.
Pour que ce premier examen soit utile, quelques éléments suffisent : la référence de l’arrêté si vous la connaissez, votre déclaration à l’assureur et sa date, les courriers reçus de la compagnie, le rapport de son expert s’il a été rendu, les photographies dont vous disposez et, le cas échéant, le décompte d’un sinistre antérieur. Nous vous disons alors franchement si le dossier est défendable, et sur quels points il est fragile.
Ce cadrage initial fait gagner du temps à tout le monde. Il évite d’engager une contre-expertise sur un dossier hors période de reconnaissance, et il permet à l’inverse de réagir vite quand un refus vient d’être notifié, la fenêtre de onze jours dont nous parlions plus haut étant courte.
Comment savoir si ma commune est reconnue en catastrophe naturelle ?