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Global Expertises » Contre-expertise assurance
Après le rapport de l'assureur
Le rapport est arrivé, et il ne correspond ni à ce que vous avez constaté ni à ce que coûteront les travaux. Ce n’est pas une fatalité : l’expert de la compagnie est rémunéré par elle, son rapport est un avis, pas une décision. Une contre-expertise assurance confiée à un expert d’assuré rétablit l’équilibre en produisant, face à cet avis, un document technique contradictoire qui peut être opposé à la compagnie puis, si nécessaire, devant un tribunal.
Trois situations justifient une contre-expertise assurance, et elles n’appellent pas le même travail. La première est le refus pur et simple : la compagnie conclut que les dommages ne relèvent pas de la garantie mobilisée. Le litige porte alors sur la cause, et la contre-expertise doit démontrer un lien de causalité entre l’événement déclaré et les désordres constatés.
La deuxième est l’indemnisation sous-évaluée. La garantie joue, la responsabilité est acquise, mais le montant proposé ne couvre pas les travaux. Le litige porte sur la valorisation, et l’exercice devient un chiffrage contradictoire poste par poste, défendable face à un expert et devant un juge.
La troisième est l’abattement pour vétusté, qui mérite d’être traitée à part parce qu’elle est la plus fréquente et la moins contestée par les assurés. La garantie joue, le chiffrage est parfois juste, mais un pourcentage vient réduire l’indemnité de moitié ou plus. Beaucoup l’acceptent en croyant qu’il s’agit d’une règle. Ce n’en est pas une.
Un rapport d’expertise d’assurance se lit autant par ce qu’il contient que par ce qu’il omet. Les cases non renseignées sont souvent les plus parlantes : « reconnaissance des fondations par fouille manuelle : non », « étude de sol : non », « recherche de fuite : non ». Une conclusion négative rendue sans investigation reste une appréciation, pas une démonstration — et c’est exactement ce que la contre-expertise met en évidence.
Vient ensuite la cause de substitution. Le rapport n’affirme pas seulement que la garantie ne joue pas : il propose une autre explication. Absence de gouttière, joint de fractionnement manquant, défaut d’entretien, vétusté généralisée, arbre trop proche, mode constructif ancien. Chacune est plausible prise isolément. La question à poser est toujours la même : cette cause explique-t-elle tous les désordres relevés, ou seulement certains ?
Enfin, il faut vérifier la cohérence interne du document. Nous avons contesté un rapport qui appliquait un abattement de vétusté de 60 % sur une couverture qu’il qualifiait lui-même, deux pages plus haut, de bien entretenue. Cette contradiction suffit à priver l’abattement de fondement technique.
La vétusté est la dépréciation d’un ouvrage due à son âge et à son usage. Son application est légitime dans son principe — un contrat en valeur d’usage ne remplace pas du neuf par du neuf. Elle cesse de l’être lorsqu’elle devient un pourcentage posé sans justification, appliqué à un ouvrage entretenu, ou étendu à des postes qui n’ont pas vieilli.
Deux arguments techniques la font tomber. Le premier est l’antériorité chronologique : lorsque les désordres n’apparaissent qu’après un événement daté — une tempête, un dégât des eaux — leur imputation à une dégradation progressive devient difficile à soutenir. Le second est la preuve matérielle d’entretien : sur une couverture, des tuiles de teintes et d’époques différentes attestent d’interventions périodiques, et cette preuve est visible sur photographie.
Il faut ensuite vérifier votre contrat. Beaucoup de multirisques habitation comportent une garantie de rééquipement à neuf ou un rachat de vétusté, plafonné mais réel, que l’assuré ignore et que le rapport ne mentionne pas toujours.
C’est la situation la plus courante, et la plus mal défendue. La compagnie reconnaît le sinistre, accepte sa responsabilité, verse — mais très en dessous. Dans un dossier de dégât des eaux en copropriété, la proposition de l’assureur s’élevait à 800 euros pour un préjudice mobilier détaillé, en partie justifié par factures, de 9 568 euros. Un rapport de un à douze.
L’erreur est de contester par principe. Ce qui fait céder une compagnie sur la valorisation, ce n’est pas l’indignation, c’est une méthode de calcul opposable. Pour du mobilier, cela signifie faire chiffrer chaque bien sur une plateforme de référence de revente d’occasion, en retenant le prix des dernières ventes réellement conclues et non le prix affiché. Pour des travaux, cela signifie un estimatif à dire d’expert détaillé poste par poste.
Trois réflexes complètent le dossier : envoyer l’estimation en recommandé avec accusé de réception en demandant explicitement la réévaluation et la non-application de la franchise ; vérifier l’assistance de votre protection juridique ; et déclarer le sinistre à votre propre multirisque au titre du préjudice, en y ajoutant les honoraires d’expert.
C’est l’argument que presque personne n’explique, et il justifie à lui seul le recours à un expert plutôt qu’à un simple devis d’entreprise. Depuis le 1er novembre 2021, l’article 16 du Code de procédure civile, complété par le décret du 20 janvier 2012 relatif à l’expertise participative, permet à un rapport d’expertise privée de recevoir devant le juge une valeur comparable à celle d’un rapport d’expertise judiciaire.
Cette valeur n’est pas automatique : elle est conditionnée au respect du principe du contradictoire. Toutes les parties doivent avoir été informées du déroulement des opérations et avoir été mises en mesure d’y participer de bonne foi. Concrètement, cela veut dire convoquer l’assureur et son expert, consigner leurs observations, et documenter leur absence si elles ne viennent pas.
Une contre-expertise assurance conduite dans ces conditions n’est donc pas un avis de plus dans un dossier : c’est une pièce qui pèse, et dont la compagnie sait qu’elle pèsera si l’affaire va devant un tribunal. C’est souvent ce qui débloque une négociation avant même le contentieux.
Deux articles du Code civil structurent le rapport de force, et les connaître change la conduite du dossier. L’article 1353 pose la charge de la preuve : l’assuré qui a déclaré son sinistre dans les formes, justifié de sa garantie et produit un rapport technique circonstancié a rempli sa part. Il revient alors à la compagnie d’apporter la preuve positive d’une cause étrangère précise et techniquement étayée.
L’article 2274 ajoute que la bonne foi est toujours présumée, et qu’il appartient à celui qui allègue la mauvaise foi de la prouver. Les déclarations d’un assuré sur les circonstances d’un sinistre valent donc jusqu’à preuve contraire — et cette preuve incombe à l’assureur, pas à vous.
La conséquence pratique est directe. Une affirmation du type « les désordres ne sont pas imputables à l’événement déclaré », non adossée à une investigation, ne constitue pas en soi une preuve. La contre-expertise consiste alors moins à démontrer votre version qu’à établir que la compagnie n’a pas démontré la sienne.
Tout commence par la lecture du dossier : contrat et conditions particulières, déclaration de sinistre, rapport de l’expert de la compagnie, proposition d’indemnisation, photographies et factures. Cette phase détermine si le litige porte sur la cause, sur le chiffrage ou sur la vétusté — et donc la stratégie. Elle permet aussi de dire franchement, avant tout engagement, si le dossier tient.
Vient ensuite la visite sur site. L’expert relève l’intégralité des désordres observables et accessibles, mesure, photographie, et procède aux investigations utiles : recherche de fuite, contrôle d’étanchéité, sondages non destructifs. Ce qui ne peut être établi sans investigation lourde est signalé comme tel, avec la préconisation correspondante et son coût.
Le rapport est ensuite rédigé : constats, analyse causale, réfutation motivée du rapport adverse, estimatif chiffré poste par poste, et conduite à tenir. Il est transmis à la compagnie, le plus souvent en recommandé. Dans une majorité de dossiers, l’affaire se règle à ce stade, sans expertise contradictoire ni contentieux.
Si la compagnie maintient sa position, trois voies s’ouvrent, dans cet ordre. L’expertise contradictoire réunit sur place votre expert et celui de la compagnie, procès-verbal à l’appui. C’est la voie la plus rapide et la moins coûteuse ; elle aboutit fréquemment à un accord transactionnel, parce que les deux experts parlent le même langage technique et que les positions intenables ne résistent pas au terrain.
La tierce expertise est prévue par beaucoup de contrats : un troisième expert est désigné d’un commun accord, ses conclusions s’imposent aux parties, et les frais sont généralement partagés. Elle suppose un désaccord persistant mais de bonne foi.
Le référé de l’article 145 du Code de procédure civile permet enfin de faire désigner un expert judiciaire avant tout procès, lorsque la compagnie refuse de diligenter les investigations nécessaires — une étude de sol, une recherche de fuite instrumentée. Cette voie est plus longue et plus coûteuse, mais la simple perspective de son engagement suffit parfois à faire bouger un dossier bloqué.
Les délais côté assurance sont longs, et il vaut mieux le savoir en entrant dans la procédure. Sur les dossiers que nous reprenons, il s’écoule couramment six mois entre la déclaration et le passage de l’expert de la compagnie, et parfois plus d’un an entre cette visite et la notification du rapport définitif. Sur les sinistres de sol, les trajectoires de trois à sept ans ne sont pas exceptionnelles.
Côté cabinet, le rythme est différent : environ six semaines entre la saisine et la remise du rapport technique, et une dizaine de jours entre la réception d’un rapport de refus et l’envoi d’une contestation motivée. La contrainte de temps cesse de jouer contre vous dès lors que le dossier est repris en main.
Reste la question de l’enjeu. En dessous de 25 000 euros de dommages, une contre-expertise n’a généralement pas de sens économique, et nous le disons avant d’accepter la mission. Entre 25 000 euros et quelques centaines de milliers, l’écart entre une proposition initiale et une indemnité correctement défendue justifie très largement l’intervention.
Les honoraires d’un expert d’assuré sont proportionnels à l’enjeu : de l’ordre de 5 % de l’indemnité totale obtenue. Le taux se discute au cas par cas selon l’ampleur du dossier — sur les sinistres très importants, il est logiquement plus bas. Le principe reste le même : l’expert est intéressé au résultat, ce qui aligne son travail sur le vôtre.
Dans beaucoup de cas, ces honoraires ne sont pas à votre charge. La garantie protection juridique — souscrite auprès de votre banque, incluse dans votre multirisque habitation ou attachée à une carte bancaire — prévoit fréquemment leur prise en charge directe. C’est écrit dans les contrats de protection juridique, pas dans le nôtre, et la vérification prend cinq minutes. Elle n’est pas systématique : certains contrats l’excluent, et nous le disons quand c’est le cas.
Deux compléments utiles. Les honoraires d’expertise peuvent être intégrés au préjudice réclamé à l’assureur adverse ou à votre propre multirisque. Et les investigations techniques — recherche de fuite instrumentée, étude de sol — relèvent d’un budget distinct, dont l’obtention aux frais de la compagnie fait souvent partie de la mission.
Toute relation avec un mandant commence par l’écoute et le conseil
Parce que notre accompagnement est défini par vos besoins et les particularités de votre situation.
Le conseil est au cœur de notre métier et intervient à chaque étape de votre projet.
Dans le respect de la déontologie de notre métier, en se servant de notre expertise et de nos outils d’analyse.
Rester à vos côtés jusqu’à ce que vos objectifs soient atteints pour garantir votre satisfaction et la réussite de notre mission.
Les cas présentés ci-dessous sont des typologies de missions régulièrement rencontrées sur ce secteur. Ils sont reconstruits à partir d’éléments rendus non identifiables et ne correspondent à aucun dossier réel.
Contexte du dossier. Maison ancienne réhabilitée, en région atlantique, touchée par deux épisodes de vents violents à une semaine d’intervalle. Tuiles déplacées et cassées, ligne faîtière fragilisée, tuiles de rive déplacées, puis auréoles d’humidité aux plafonds de plusieurs pièces et infiltrations sous deux menuiseries. L’expert mandaté par la compagnie applique un abattement pour vétusté de 60 % sur la couverture, tout en décrivant par ailleurs cette toiture comme bien entretenue.
Mission menée. Contre-expertise par constat unilatéral, avec recherche de fuite conduite contradictoirement sur la menuiserie concernée pour établir le cheminement de l’eau. Trois arguments sont opposés : les auréoles ne sont apparues qu’après les tempêtes, ce qui écarte la dégradation progressive ; les différences de tuiles attestent d’entretiens périodiques ; le rapport adverse se contredit sur l’état de la toiture. Les désordres de menuiserie relèvent des limites de la classification AEV.
Valeur apportée. L’estimatif contradictoire établit un coût de remise en état de 21 400 euros hors taxes, soit 23 540 euros toutes taxes comprises, détaillé en sept postes dont 900 euros pour la seule inspection de toiture. Face à ce chiffrage documenté, l’abattement de 60 % perd tout fondement technique : le rapport devient la base d’une renégociation.
Contexte du dossier. Appartement avec garage en sous-sol dans une copropriété des années 1980. Une inondation provenant des canalisations collectives d’eaux usées et pluviales en plafond endommage de nombreux effets personnels entreposés. La copropriété fait réaliser les travaux et déclare le sinistre à son assurance. Ni l’origine de la fuite ni la responsabilité des équipements collectifs ne sont contestées : le désaccord porte uniquement sur la valorisation du préjudice mobilier.
Mission menée. La mission n’est pas de démontrer une cause, mais de construire une méthode de valorisation opposable. Constat sur place des biens conservés, examen de la liste détaillée établie par la propriétaire et des justificatifs disponibles, prise en compte d’une attestation de non-réparabilité. Préconisation d’un chiffrage bien par bien sur une plateforme de référence de revente d’occasion, en retenant le prix des ventes réellement conclues et non le prix affiché.
Valeur apportée. L’écart documenté est de un à douze : 800 euros proposés pour un préjudice évalué à 9 568 euros, en partie sur factures. La note fixe aussi la conduite à tenir : envoi en recommandé avec demande de réévaluation et de non-application de la franchise, vérification de la protection juridique, et déclaration du préjudice à la multirisque habitation en y intégrant les honoraires d’expertise.
Contexte du dossier. Appartement en copropriété, en Île-de-France. Un parquet dégradé au droit de l’évacuation d’eaux usées et sous un bac de douche, dans une pièce de 13,40 mètres carrés. Vu de loin, un dommage esthétique de second œuvre, de l’ordre de quelques centaines d’euros. Le syndic demande un avis sur l’état structurel avant toute déclaration, pour savoir si l’infiltration a atteint la structure de l’immeuble.
Mission menée. Examen visuel des parties observables et accessibles, avec analyse structurelle du plancher. L’origine la plus vraisemblable est une infiltration chronique par défaut d’étanchéité du bac de douche ou de ses raccordements d’évacuation, la localisation des dommages corroborant fortement cette hypothèse. Trois poutres porteuses en bois de 3,43 mètres sont relevées comme fortement détériorées par l’humidité. Ce qui ne peut être établi sans investigation destructive est signalé comme tel.
Valeur apportée. La requalification change l’échelle du dossier et l’assureur compétent : d’un désordre privatif de second œuvre, on passe à une atteinte à la structure porteuse relevant de l’assurance de la copropriété. L’estimation à dire d’expert des travaux s’établit entre 10 000 et 15 000 euros toutes taxes comprises, avec une mesure conservatoire immédiate de limitation des charges dans la pièce.
Notre intervention s’appuie sur un corpus normatif et déontologique structuré, qui encadre la méthodologie d’expertise et garantit la valeur probante de nos rapports.
Avant d’accepter une proposition ou de renoncer à un refus, faites lire le dossier. Une demi-heure suffit le plus souvent pour dire si le litige porte sur la cause, sur le chiffrage ou sur la vétusté, ce que le rapport adverse omet, et si l’enjeu justifie une intervention. Si ce n’est pas le cas, nous vous le dirons — un dossier trop petit coûte plus cher à défendre qu’il ne rapporte, et nous préférons le dire d’emblée plutôt que de vous engager.
Experts agréés, pôle juridique, support technique, logiciel métier, solutions d’accompagnement.
Oui. Le rapport de l’expert mandaté par la compagnie est un avis technique, pas une décision opposable. Vous pouvez le contester en produisant un rapport contradictoire, demander une expertise contradictoire, actionner la clause de tierce expertise de votre contrat, ou saisir le juge des référés pour faire désigner un expert judiciaire.
Souvent, oui. Un abattement doit être justifié poste par poste et cohérent avec le reste du rapport : un ouvrage décrit comme bien entretenu supporte mal un abattement massif. Vérifiez aussi votre contrat, qui peut prévoir un rachat de vétusté ou une garantie de rééquipement à neuf non appliquée.
Oui, sous condition. L’article 16 du Code de procédure civile, en vigueur depuis novembre 2021, permet à un rapport d’expertise privée de recevoir une valeur comparable à celle d’une expertise judiciaire, dès lors que le principe du contradictoire a été respecté : parties convoquées, informées et mises en mesure de participer.
Les honoraires représentent de l’ordre de 5 % de l’indemnité obtenue, avec un enjeu minimum d’environ 25 000 euros pour que la mission ait un sens économique. Dans beaucoup de cas, la garantie protection juridique de votre banque ou de votre multirisque habitation les prend en charge directement.
Le litige porte alors sur la valorisation, pas sur la cause. Il faut opposer une méthode de calcul : estimatif à dire d’expert poste par poste pour des travaux, chiffrage sur les prix de vente réellement constatés pour du mobilier. L’envoi se fait en recommandé, en demandant la réévaluation et la non-application de la franchise.
Non, et c’est souvent une erreur d’attendre. Être assisté dès la première expertise évite d’accepter sur place des constats ou une évaluation difficiles à reprendre ensuite. Si l’expertise a déjà eu lieu, le dossier reste contestable, mais il faut alors défaire des positions déjà écrites.
Comptez environ six semaines entre la saisine et la remise du rapport technique, incluant l’analyse du dossier, la visite et la rédaction. Une contestation motivée après réception d’un rapport de refus part généralement sous une dizaine de jours. Les délais longs viennent ensuite du rythme de traitement de la compagnie.
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