Expert d’assurance : rôle, limites et vos droits d’assuré

 
1 000 à 3 000 €par un expert d'assuré représente un budget de l'ordre
60 joursloi imposant une réponse sous
1 600 €l'expertise est quasi systématique au-delà d'un seuil de dommages d'
10 ansmobilisable via l'assurance couvre les désordres structurels pendant

Mis à jour le 5 septembre 2026

L'expert mandaté par l'assurance : rôle, limites, vos droits face à lui : de quoi parle-t-on ?

Infiltration d'eau et bois dégradé sur un chien-assis, désordre typique examiné par un expert d'assurance habitation.
Infiltration d'eau sur la structure d'un chien-assis : l'origine du dommage conditionne la garantie mobilisée, d'où l'importance du diagnostic causal.

Un dégât des eaux, un incendie, une fissuration après sécheresse : vous déclarez le sinistre, et quelques jours plus tard votre assureur vous annonce le passage d'un expert d'assurance. Beaucoup d'assurés découvrent à ce moment-là une réalité qui surprend : cet expert n'est pas un arbitre neutre. Il est missionné et rémunéré par la compagnie d'assurance pour constater les dommages, en rechercher la cause et proposer un chiffrage — chiffrage qui servira de base à l'offre d'indemnisation. La question « expert d'assurance » fait d'ailleurs l'objet de recherches régulières sur Google, signe que des milliers d'assurés s'interrogent chaque mois sur le rôle exact de cet intervenant et sur la marge de manœuvre dont ils disposent face à lui.

Cette page est notre référence méthodologique sur le sujet. Elle répond aux questions que se pose tout assuré convoqué à une réunion d'expertise : que fait exactement l'expert de la compagnie ? Quelles sont les limites juridiques de son mandat ? Ses conclusions s'imposent-elles à vous ? Comment les contester, dans quels délais, et à quel coût ? Quelle différence entre expert d'assurance, expert d'assuré et tierce expertise ?

Nous y détaillons le déroulement d'une expertise amiable, les textes applicables du Code des assurances, les fourchettes de coûts publiquement constatées, et les leviers concrets dont vous disposez pour faire valoir un chiffrage contradictoire. L'objectif : que vous abordiez le passage de l'expert en connaissant vos droits, et que vous ne signiez jamais une lettre d'acceptation sans en mesurer la portée.

Fissure de liaison entre deux murs intérieurs relevée à la règle métallique lors d'un passage d'expert d'assurance.
Mesure d'une fissure de liaison à la règle métallique : le relevé précis des désordres est le socle de tout rapport d'expertise contradictoire.

Qu'est-ce qu'un expert d'assurance et qui le mandate ?

L'expert d'assurance — aussi appelé expert de compagnie ou expert IARD (incendie, accidents, risques divers) — est un professionnel technique missionné par l'assureur après une déclaration de sinistre. Sa mission tient en trois volets : constater matériellement les dommages, en identifier la cause (l'origine du sinistre conditionne la garantie mobilisable), et proposer une évaluation chiffrée du préjudice. Son rapport est remis à la compagnie, qui s'en sert pour formuler son offre d'indemnisation.

Affaissement d'un solivage bois sur mur en pierre mesuré au mètre ruban pendant une contre-expertise après sinistre.
Affaissement de solivage bois sur mur en pierre : un désordre structurel dont le chiffrage de reprise fait souvent l'objet d'écarts entre expertise et contre-expertise.

Point essentiel : cet expert n'est ni un fonctionnaire, ni un auxiliaire de justice, ni un arbitre. C'est un prestataire de l'assureur, salarié d'un cabinet d'expertise travaillant pour les compagnies ou indépendant référencé par elles. Il n'existe pas de monopole légal de la profession d'expert en assurance de biens : contrairement aux experts automobiles (profession réglementée), l'expert bâtiment intervenant pour une compagnie n'est soumis à aucun agrément d'État spécifique. Les compagnies s'appuient en pratique sur des cabinets structurés et sur des certifications volontaires, et les méthodes de travail s'adossent à des référentiels techniques publics — ceux de l'Agence Qualité Construction pour les pathologies du bâtiment, ou les Avis Techniques publiés par le CSTB pour les procédés constructifs.

Il faut distinguer trois figures que le langage courant confond sous l'expression « expert en assurance » :

Intervenant Qui le mandate ? Qui le paie ? Ses conclusions vous engagent-elles ?
Expert d'assurance (compagnie) L'assureur L'assureur Non, tant que vous n'avez pas accepté l'offre
Expert d'assuré (contre-expert) Vous Vous (parfois garanti au contrat) Non, elles servent la négociation contradictoire
Tiers expert (arbitre) Les deux experts en désaccord Coût partagé par moitié, sauf clause contraire Oui, dans la mesure prévue par le contrat
À retenir

l'expert d'assurance est le technicien de votre compagnie, pas le vôtre. Son rapport est un avis technique au service de l'assureur, et il ne devient opposable qu'à partir du moment où vous acceptez l'offre d'indemnisation qui en découle.

Comment se déroule une expertise d'assurance après un sinistre ?

Le processus suit une chronologie assez standardisée, que l'assuré a intérêt à connaître pour préparer chaque étape. Tout commence par la déclaration de sinistre : 5 jours ouvrés en règle générale, 2 jours ouvrés en cas de vol, 10 jours après publication de l'arrêté interministériel pour une catastrophe naturelle (article L125-2 du Code des assurances, les modalités pratiques étant détaillées dans les démarches officielles d'indemnisation). L'assureur décide ensuite de missionner ou non un expert : pour les petits sinistres, un chiffrage sur devis ou une expertise à distance suffit souvent ; au-delà d'un seuil d'usage de l'ordre de 1 600 €, le passage d'un expert sur place est quasi systématique.

Vient alors la visite d'expertise. L'expert d'assurance habitation examine les lieux, photographie les dommages, mesure (relevés de fissures, sondages d'humidité, métrés des surfaces atteintes), interroge l'occupant sur les circonstances, et recueille les justificatifs : factures, photos antérieures au sinistre, devis de réparation. Lors d'une expertise sur ce type de mission, l'expert recherche d'abord la cause du dommage, car c'est elle qui détermine la garantie applicable — un même dégât des eaux ne sera pas traité de la même façon selon qu'il provient d'une canalisation privative, d'une toiture défaillante ou d'une infiltration de façade.

Étape Délai indicatif ou légal
Déclaration du sinistre 2 à 10 jours selon la nature (Code des assurances)
Missionnement de l'expert Quelques jours à 3 semaines après déclaration
Visite d'expertise 1 à 4 semaines après missionnement, selon urgence
Remise du rapport à l'assureur 2 à 8 semaines après visite, dossiers complexes plus longs
Offre d'indemnisation dommages-ouvrage 60 jours pour la position de principe, 90 jours pour l'offre (art. L242-1)
Indemnisation catastrophe naturelle Provision sous 2 mois, indemnisation sous 3 mois après remise de l'état estimatif (art. L125-2)

Le rapport conclut sur trois points : la cause du sinistre, la position sur la garantie (le sinistre entre-t-il dans le contrat ?), et le chiffrage — en distinguant valeur à neuf, vétusté déduite et éventuel différé de valeur à neuf versé sur justificatif des travaux. Les chiffrages s'appuient sur des bordereaux de prix internes aux cabinets, actualisés notamment via les indices du coût de la construction publiés par l'INSEE.

À retenir

préparez la visite d'expertise comme un rendez-vous contradictoire — photos datées, factures, devis d'entreprises locales. Tout ce que vous ne documentez pas pendant cette phase sera difficile à réintroduire ensuite dans la discussion.

lire une fissure avant de l'indemniser

L'œil exercé relève d'abord l'orientation de la fissure, une ouverture en escalier dans les joints signant un mouvement de structure plutôt qu'un simple retrait d'enduit.

Il mesure ensuite l'ouverture à la règle ou au fissuromètre, le franchissement du millimètre changeant la qualification du désordre.

Il recherche enfin la correspondance intérieur-extérieur, une fissure traversante n'appelant pas le même chiffrage qu'un faïençage superficiel.

Quelles sont les limites du mandat de l'expert d'assurance ?

La première limite est structurelle : l'expert d'assurance est payé par la compagnie, et son périmètre d'analyse est fixé par la lettre de mission qu'elle lui adresse. Il n'est pas là pour maximiser votre indemnisation, mais pour fournir à son mandant une évaluation défendable du préjudice au regard du contrat. Cela ne signifie pas que son travail soit systématiquement biaisé — la grande majorité des expertises amiables se concluent sans litige — mais cela signifie que ses arbitrages, en cas de doute, ne vous sont pas nécessairement favorables : taux de vétusté retenu, surfaces comptabilisées, choix entre réparation et remplacement, exclusion d'un dommage jugé antérieur au sinistre.

Deuxième limite : son rapport n'a aucune force obligatoire à votre égard. Juridiquement, l'expertise amiable est un élément de négociation précontractuelle à l'accord d'indemnisation. La Cour de cassation juge de façon constante qu'un rapport d'expertise amiable non contradictoire ne peut pas fonder, à lui seul, une décision de justice — il doit être corroboré par d'autres éléments. Tant que vous n'avez pas signé d'accord ou de lettre d'acceptation, rien n'est figé : vous pouvez discuter le chiffrage, produire vos propres devis, demander une nouvelle visite.

Troisième limite : l'expert ne décide pas de la garantie. Il émet un avis technique sur la cause et le montant ; c'est la compagnie qui prend la décision de garantie et formule l'offre. Un refus d'indemnisation fondé sur le rapport d'expertise reste une décision de l'assureur, contestable comme telle — d'abord via le service réclamation, puis devant la Médiation de l'Assurance, enfin au judiciaire.

Quatrième limite, enfin : le contradictoire. Vous avez le droit d'assister à l'expertise, de vous y faire assister par le professionnel de votre choix, et d'obtenir communication du rapport qui vous concerne. Une expertise menée hors votre présence et dont les conclusions ne vous auraient jamais été communiquées vous est difficilement opposable. Pour les litiges relatifs au logement, les fiches juridiques de l'ANIL rappellent utilement ces droits de l'occupant face aux intervenants de l'assurance.

À retenir

le rapport de l'expert d'assurance est un avis, pas un verdict. Il ne vous engage qu'à partir du moment où vous acceptez l'offre qui en découle — d'où l'importance de ne rien signer tant qu'un doute subsiste sur le chiffrage ou sur la cause retenue.

Quels sont vos droits face à l'expert de la compagnie ?

Face à l'expert missionné par votre assureur, vous disposez de droits concrets, qui s'exercent à chaque étape de la procédure.

Avant la visite : vous avez le droit d'être informé du passage de l'expert et de demander le report si la date ne vous convient pas. Vous pouvez conserver les biens endommagés jusqu'à l'expertise (ne jetez rien sans accord écrit), effectuer uniquement les mesures conservatoires urgentes, et constituer votre dossier de preuves.

Pendant la visite : vous avez le droit d'être présent, de vous faire assister — par un artisan, un maître d'œuvre ou un expert d'assuré — et de faire consigner vos observations. L'expert doit examiner l'ensemble des dommages que vous lui signalez ; s'il en écarte, demandez que le refus soit motivé dans le rapport.

Après la visite : vous avez le droit d'obtenir le rapport d'expertise ou a minima ses conclusions chiffrées. Vous avez le droit de refuser l'offre d'indemnisation : le refus n'entraîne aucune déchéance de garantie. Vous avez enfin le droit de déclencher une contre expertise assurance, c'est-à-dire de mandater votre propre expert pour établir un chiffrage contradictoire.

C'est ici qu'intervient l'expert d'assuré — le métier de notre cabinet. Contrairement à l'expert de la compagnie, l'expert pour assuré est mandaté par vous et défend exclusivement vos intérêts : relecture critique du rapport adverse, contre-chiffrage poste par poste, participation aux réunions d'expertise contradictoires, négociation avec l'expert de la compagnie. De nombreux contrats multirisques habitation incluent une garantie « honoraires d'expert » qui prend en charge tout ou partie de ces frais, généralement en pourcentage de l'indemnité (souvent autour de 5 % avec plafond) : vérifiez vos conditions générales avant de renoncer à une contre-expertise pour des raisons de coût.

Si les deux experts ne parviennent pas à un accord, la plupart des contrats prévoient la tierce expertise : un troisième expert, choisi d'un commun accord par les deux premiers (ou désigné par le tribunal en cas de blocage), tranche le différend. Son coût est partagé par moitié entre l'assureur et l'assuré, sauf stipulation contraire du contrat. Au-delà, restent la Médiation de l'Assurance — gratuite, saisissable après épuisement des recours internes — puis la voie judiciaire, avec possibilité de demander une expertise judiciaire au tribunal.

À retenir

refuser l'offre de l'assureur ne vous fait perdre aucun droit. La séquence contre-expertise, tierce expertise, médiation puis tribunal est graduée : chaque étape peut suffire, et la garantie « honoraires d'expert » de votre contrat finance souvent la première.

Combien coûte un expert d'assurance et qui paie quoi ?

La question du coût revient dans toutes les recherches sur le sujet, et la réponse dépend entièrement de qui mandate l'expert.

L'expert missionné par la compagnie ne vous coûte rien : ses honoraires sont réglés par l'assureur, c'est un coût de gestion du sinistre. Cela vaut pour l'expertise initiale comme pour les éventuelles visites complémentaires qu'il juge nécessaires.

L'expert d'assuré, lui, est à votre charge, sous réserve de la garantie « honoraires d'expert » de votre contrat. Les pratiques tarifaires du marché s'organisent en deux grandes familles : honoraires forfaitaires ou en régie pour les missions ponctuelles (analyse de rapport, visite, contre-chiffrage), et honoraires au pourcentage de l'indemnité obtenue pour les dossiers de sinistres importants — usuellement quelques pour cent, dégressifs avec le montant. Pour un sinistre habitation courant, un accompagnement complet en contre-expertise se situe le plus souvent dans une fourchette de l'ordre de 1 000 à 3 000 € ; une mission d'analyse simple peut être sensiblement moins coûteuse, un dossier structurel complexe (fissures après sécheresse, incendie total) sensiblement plus.

Prestation Ordre de grandeur constaté Qui paie ?
Expertise de la compagnie 0 € pour l'assuré L'assureur
Analyse critique d'un rapport d'expertise 300 à 800 € L'assuré (garantie contrat possible)
Contre-expertise complète habitation 1 000 à 3 000 € L'assuré (garantie contrat possible)
Dossier au pourcentage (gros sinistre) ~3 à 5 % de l'indemnité, dégressif L'assuré, sur l'indemnité obtenue
Tierce expertise (arbitrage) Coût partagé 50/50 Assureur + assuré, sauf clause contraire
Expertise judiciaire Provision fixée par le juge, souvent 2 000 à 5 000 € Consignée par le demandeur, répartie au jugement

Ces ordres de grandeur sont ceux publiquement constatés sur le marché français ; chaque cabinet reste libre de ses conditions, et le devis préalable écrit est la règle — c'est lui qui fait foi. La rentabilité d'une contre-expertise s'apprécie simplement : elle se justifie dès que l'écart plausible entre le chiffrage de la compagnie et le préjudice réel excède nettement son coût, ce qui est fréquent sur les sinistres structurels où les postes de reprise (fondations, maçonnerie, charpente) sont lourds.

À retenir

l'expertise de la compagnie est gratuite pour vous, la contre-expertise se chiffre en général entre 1 000 et 3 000 € pour un sinistre habitation, et votre contrat inclut peut-être une garantie qui la finance. Demandez toujours un devis écrit avant de mandater.

L'expertise amiable d'assurance est peu réglementée en tant que telle : c'est le contrat qui l'organise, dans le cadre général du Code des assurances. Quelques textes structurent néanmoins les droits de l'assuré.

L'article L242-1 du Code des assurances impose à l'assureur dommages-ouvrage de notifier sa décision sur la garantie dans les 60 jours de la déclaration, puis de présenter une offre d'indemnité dans les 90 jours ; à défaut, l'assuré peut engager les dépenses de réparation, l'indemnité étant alors majorée d'intérêts au double du taux légal. C'est le régime le plus protecteur du droit des assurances construction, et l'expertise y est enserrée dans des délais stricts.

L'article L125-2 du même code organise l'indemnisation des catastrophes naturelles : provision sous 2 mois, indemnisation sous 3 mois à compter de la remise de l'état estimatif ou de la publication de l'arrêté. Les sinistres sécheresse sur maisons fissurées — un contentieux massif en Occitanie — relèvent de ce régime lorsque la commune est reconnue en état de catastrophe naturelle.

Les articles 1792 et suivants du Code civil fondent la responsabilité décennale des constructeurs : 10 ans à compter de la réception pour les désordres compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination. L'expert intervenant sur un désordre de construction doit qualifier le dommage au regard de ces critères, car la frontière entre garantie décennale, garantie de bon fonctionnement (2 ans) et parfait achèvement (1 an) détermine l'assurance mobilisable. Sur le terrain technique, les référentiels sont les DTU — par exemple le DTU 20.1 pour les maçonneries ou le DTU 40.21 pour les couvertures en tuiles — et les études géotechniques s'adossent à la norme NF P94-500 (2013) lorsque le sol est en cause.

Côté procédure de contestation, la prescription biennale de l'article L114-1 du Code des assurances est le délai le plus important à connaître : toute action dérivant du contrat d'assurance se prescrit par 2 ans à compter de l'événement qui lui donne naissance. Passé ce délai sans action ni acte interruptif (lettre recommandée avec AR concernant le règlement de l'indemnité, désignation d'expert, citation en justice), vos droits s'éteignent. La méthodologie d'expertise elle-même peut s'adosser à la norme NF X50-110 (2024), qui fixe les exigences générales de qualité des activités d'expertise.

À retenir

deux ans pour agir contre votre assureur (article L114-1), 60 jours pour la position de l'assureur dommages-ouvrage (article L242-1), dix ans de garantie décennale après réception (article 1792 du Code civil). Ces trois délais structurent la quasi-totalité des dossiers que nous traitons en expertise d'assuré.

Expert d'assurance ou expert d'assuré : comment choisir et quand faire appel à un indépendant ?

Vous ne choisissez pas l'expert d'assurance : il vous est imposé par la compagnie. Le seul expert que vous choisissez, c'est le vôtre. Reste à savoir quand le mandater — car tous les sinistres ne justifient pas une contre-expertise.

Le recours à un expert d'assuré indépendant se justifie dans des situations identifiables. Premier signal : l'écart entre le chiffrage de l'expert de la compagnie et les devis d'entreprises que vous avez collectés est significatif — au-delà de 20 à 30 % sur des postes lourds, la discussion contradictoire a de fortes chances d'être utile. Deuxième signal : la cause retenue par l'expert vous paraît contestable, notamment lorsqu'elle fonde un refus de garantie (dommage qualifié d'antérieur, de défaut d'entretien ou d'usure alors que vous l'attribuez à un événement garanti). Troisième signal : le sinistre est structurel — fissuration évolutive, affaissement de plancher, sécheresse géotechnique — et le chiffrage suppose des investigations que l'expertise amiable n'a pas menées : sondages, fissurométrie, étude de sol. Quatrième signal : l'enjeu financier est élevé au regard du coût de la contre-expertise, ce qui est presque toujours le cas dès que la reprise touche au gros œuvre.

Inversement, pour un sinistre simple, bien documenté et correctement chiffré, la contre-expertise n'apporte rien : notre rôle n'est pas de la vendre systématiquement, mais de vous dire rapidement — souvent dès la lecture du rapport — si un contre-chiffrage a des chances sérieuses d'améliorer l'indemnisation.

Concrètement, la mission d'expertise en assurance côté assuré suit une méthode contradictoire : analyse du rapport de la compagnie et des conditions du contrat (garanties, plafonds, vétusté conventionnelle, franchises), visite technique avec relevés propres, contre-chiffrage poste par poste sur la base de prix d'entreprises réels et des indices publics, puis réunion contradictoire avec l'expert de la compagnie pour rapprocher les évaluations. Dans la majorité des dossiers, un accord amiable est trouvé à ce stade, sans tierce expertise ni procédure. Pour comprendre l'ensemble de nos domaines d'intervention au-delà du strict champ de l'assurance, la page générale de Global Expertises présente le cadre complet de l'expertise indépendante.

À retenir

mandatez un expert d'assuré quand l'écart de chiffrage dépasse 20 à 30 % sur des postes lourds, quand la cause retenue fonde un refus de garantie discutable, ou quand le sinistre touche la structure. Pour un petit sinistre bien chiffré, la contre-expertise est inutile — et nous vous le dirons.

FAQ : vos questions sur expert d'assurance ?

Combien coûte un expert d'assurance ?

L'expert missionné par la compagnie ne coûte rien à l'assuré : ses honoraires sont à la charge de l'assureur. Ce qui a un coût, c'est l'expert d'assuré que vous mandatez pour une contre-expertise : de l'ordre de 300 à 800 € pour une analyse de rapport, 1 000 à 3 000 € pour un accompagnement complet sur un sinistre habitation, ou un pourcentage de l'indemnité sur les gros dossiers. La garantie « honoraires d'expert » de nombreux contrats en rembourse une partie.

Combien coûte un expert en assurance habitation ?

Pour un sinistre habitation courant (dégât des eaux, incendie partiel, fissures), une contre-expertise complète se situe généralement entre 1 000 et 3 000 € selon la complexité et le nombre de réunions contradictoires. Vérifiez vos conditions générales : beaucoup de contrats multirisques habitation prévoient la prise en charge des honoraires d'expert d'assuré, souvent plafonnée à environ 5 % de l'indemnité versée.

Comment reconnaître un expert d'assurance ?

L'expert de la compagnie se présente avec un ordre de mission émis par l'assureur, mentionnant le numéro de sinistre et l'étendue de sa mission. Demandez sa carte professionnelle, le nom de son cabinet et sa lettre de mission : vous avez le droit de savoir qui il est et pour qui il travaille. Un expert qui refuserait de décliner son mandant doit éveiller la méfiance — signalez-le à votre assureur.

Les conclusions de l'expert d'assurance s'imposent-elles à moi ?

Non. Le rapport d'expertise amiable est un avis technique destiné à l'assureur, pas une décision. Tant que vous n'avez pas accepté l'offre d'indemnisation, vous pouvez le contester : observations écrites, production de devis contradictoires, contre-expertise. La jurisprudence constante de la Cour de cassation refuse d'ailleurs qu'un rapport amiable non contradictoire fonde à lui seul une condamnation.

Quelles sont les limites du mandat de l'expert de la compagnie ?

Son périmètre est fixé par la lettre de mission de l'assureur : il constate, recherche la cause et chiffre, mais ne décide pas de la garantie — c'est la compagnie qui tranche. Il est tenu au contradictoire à votre égard : vous pouvez assister à la visite, être assisté, et obtenir ses conclusions. Et son rapport reste un élément de preuve discutable, jamais une vérité définitive.

Quels sont mes droits face à l'expert de mon assurance ?

Vous pouvez être présent à l'expertise, vous faire assister par le professionnel de votre choix, faire consigner vos observations, obtenir communication des conclusions, refuser l'offre sans perdre vos garanties, et déclencher une contre-expertise. En cas de désaccord persistant entre les deux experts, la tierce expertise prévue au contrat arbitre, à frais partagés par moitié.

Contre-expertise assurance : quand et comment la lancer ?

Lancez-la avant de signer toute lettre d'acceptation, idéalement dès réception des conclusions que vous contestez. Il suffit de mandater un expert d'assuré, qui notifie son intervention à la compagnie et organise une réunion contradictoire avec l'expert adverse. Attention à la prescription biennale de l'article L114-1 du Code des assurances : vous avez 2 ans pour agir, et une lettre recommandée avec AR relative au règlement de l'indemnité interrompt ce délai.

L'expert peut-il venir sans me prévenir ?

Non pour les lieux privés : l'expert ne peut pénétrer chez vous sans votre accord, et la visite se fait sur rendez-vous. Si une date vous est imposée, vous pouvez demander un report pour être présent ou représenté. Une expertise réalisée en votre absence sans convocation régulière vous est difficilement opposable — mentionnez-le par écrit à votre assureur si le cas se présente.

L'expert d'assurance est un maillon incontournable du règlement des sinistres : sans son rapport, l'assureur ne chiffre pas, et sans chiffrage, pas d'indemnisation. Mais son mandat a une limite structurelle que tout assuré doit connaître : il est missionné et rémunéré par la compagnie, et ses conclusions n'ont aucune valeur définitive tant que vous ne les avez pas acceptées. Le droit vous donne trois leviers concrets : l'accès au rapport, la contre-expertise par un expert d'assuré (garantie « honoraires d'expert » souvent incluse dans les contrats multirisques habitation), et la tierce expertise en cas de désaccord persistant. Chaque étape est encadrée par des délais précis — dont les 2 mois de l'article L242-1 pour l'assurance dommages-ouvrage — qu'il faut connaître pour ne pas laisser prescrire ses droits. Notre cabinet intervient en Occitanie comme expert d'assuré : nous relisons les rapports d'expertise amiable, nous chiffrons contradictoirement les dommages et nous vous accompagnons jusqu'à la juste indemnisation. Si vous venez de recevoir un rapport d'expertise que vous jugez sous-évalué, ou si un passage d'expert est annoncé chez vous, contactez notre équipe pour faire relire votre dossier avant de signer quoi que ce soit : une lettre d'acceptation signée trop vite est très difficile à remettre en cause ensuite.

Besoin d'aide ?

NOUS SOMMES LÀ POUR VOUS CONSEILLER

Programmer un appel

Un expert vous recontactera selon vos préférences.

Demande d'expertise

Merci de compléter le formulaire ci-dessous, nous vous recontacterons suivant vos préférences.

Informations de contact
Type d'expertise
Vos préférences de contact (optionnel)