La question n’est pas rhétorique. Beaucoup de cabinets annoncent tout traiter ; peu publient la répartition réelle de leurs dossiers. Voici la nôtre, comptée sur les 777 missions terminées avec rapport technique entre le 1er octobre 2025 et le 15 juin 2026.
| Famille de désordre | Missions |
|---|
| Fissures, structure, fondations | 378 |
| Humidité, infiltrations, remontées capillaires | 66 |
| Malfaçons et réception de travaux | 37 |
| Terrasses, balcons, étanchéité | 32 |
| Toiture, charpente, couverture | 28 |
| Dégâts des eaux, fuites, plomberie | 19 |
| Isolation, thermique, ventilation | 19 |
| Façade, enduit, ravalement | 2 |
196 dossiers ne se rangent dans aucune de ces huit familles : ce sont les missions mixtes, les audits d’ensemble et les désordres qui ne relèvent pas d’une pathologie unique. Nous préférons l’écrire que d’arrondir les autres chiffres.
Ce que ce tableau dit vraiment : la structure domine largement — près d’un dossier sur deux —, et le reste se répartit sur des désordres qui demandent des compétences différentes. C’est la raison pour laquelle un cabinet généraliste n’est pas un cabinet qui sait tout faire, mais un cabinet qui sait à qui confier chaque dossier. Nos experts sont architectes, ingénieurs structure, économistes de la construction, thermiciens, anciens experts d’assurance ; le dossier va à celui dont c’est le métier.
Cette organisation a une conséquence pratique que les propriétaires découvrent souvent avec soulagement : un désordre qui mêle sol, structure et eau — le cas le plus courant — ne se traite pas en trois rendez-vous avec trois entreprises, mais en une mission qui les articule.
Expert de l’assurance, expert judiciaire, expert que vous mandatez : qui fait quoi ?
Les trois portent le même titre et ne font pas le même métier. Les confondre coûte cher, et c’est l’erreur la plus fréquente que nous rencontrons.
L’expert de la compagnie est mandaté et rémunéré par votre assureur après une déclaration de sinistre. Il constate, il chiffre, et il applique le contrat tel que la compagnie le lit. Vous n’avez ni à le récuser ni à le craindre : vous avez le droit de lui opposer un autre chiffrage.
L’expert judiciaire est désigné par un tribunal, dans le cadre d’une procédure. Il ne travaille pour aucune des parties : il éclaire le juge. Sa mission est définie par l’ordonnance qui le nomme, et ses conclusions pèsent lourd — sans lier le juge, qui apprécie librement les pièces. Vous pouvez vous y faire assister : c’est l’objet de notre page sur l’assistance à expertise judiciaire.
L’expert que vous mandatez — celui dont parle cette page — travaille pour vous seul. Selon le contexte, il produit un constat unilatéral, conduit une expertise contradictoire, ou intervient comme expert d’assuré face à la compagnie. C’est aussi lui qui mène une contre-expertise d’assurance quand un rapport conclut au refus ou à une indemnité que le chiffrage ne soutient pas.
Une confusion revient si souvent qu’elle mérite d’être levée ici : être inscrit sur la liste d’une cour d’appel ne rend pas un expert « meilleur » pour une mission privée. Cette inscription qualifie pour les missions ordonnées par un juge. Certains de nos experts y figurent, et cela compte quand un dossier part au contentieux ; cela ne change rien à la qualité d’un constat sur une fissure.
Que contient un rapport d’expertise, et devant qui tient-il ?
Un rapport ne vaut que par ce qu’il démontre. Le nôtre comporte le relevé daté et photographié des désordres, la description du bâti et de son environnement, l’analyse des causes possibles — y compris celles que nous écartons, et pourquoi —, l’avis sur l’évolutivité quand elle est en jeu, les mesures conservatoires à prendre sans attendre, et les travaux à envisager avec l’ordre dans lequel les mener.
Ce dernier point mérite d’être souligné, parce qu’il fait la différence entre une liste et un conseil : un rapport utile hiérarchise. Sur un dossier d’extension récente que nous avons traité, sept postes de reprise étaient nécessaires — protections provisoires, reprise du positionnement de l’extension, membrane anti-capillarité et lisse basse en bois de classe 4 sous l’ossature, dépose du parquet endommagé, recalibrage des carreaux. Les engager tous en même temps aurait été absurde ; le rapport a dit lesquels conditionnaient les autres.
Ce qu’un rapport établit, et ce qu’il ne peut pas faire
| Ce que le rapport établit | Ce qu’il ne peut pas faire |
|---|
| La cause technique du désordre, démontrée | Décider : c’est l’assureur, l’entreprise ou le juge qui décide |
| Le lien de causalité, opposable à un tiers | Garantir un montant d’indemnisation |
| La part de chaque cause quand elles se cumulent | Remplacer une étude de sol ou un devis d’entreprise |
| Les travaux nécessaires et leur ordre | Exécuter ces travaux — nous n’en vendons aucun |
| L’antériorité, quand les pièces le permettent | Prouver ce qu’aucune trace ne documente |
Un rapport unilatéral n’a pas la même portée qu’un rapport contradictoire. Le premier est établi à votre demande et pour vous ; il est parfaitement recevable, et c’est le cas de la grande majorité de nos missions. Le second est établi en présence des autres parties, qui ont pu s’exprimer sur les constats — il est plus difficile à contester. Le choix se fait au départ, en fonction de ce que vous comptez faire du document.
Le cabinet applique la méthodologie de la norme NF P 03-100 et les prescriptions générales de compétence de la NF X50-110, et oppose, lorsque le désordre s’y prête, les DTU en vigueur — nommés et datés. Nos rapports sont rédigés par des experts bâtiment, dont certains sont d’anciens experts de compagnie, et relus par un second expert.
Un expert peut-il vendre les travaux qu’il préconise ?
Non, et c’est le point sur lequel il faut être le plus ferme, parce que c’est celui où la confusion rapporte le plus d’argent à ceux qui l’entretiennent.
Un expert qui vend les travaux qu’il préconise n’est pas un expert : c’est un vendeur qui a produit un argumentaire technique. Son document peut être sincère, il peut même être juste — il n’est pas opposable, parce qu’il n’est pas désintéressé. Aucun assureur, aucun juge, aucun acquéreur ne le lira autrement.
Nous ne réalisons aucuns travaux, aucune reprise en sous-œuvre, aucune injection de résine, aucun ravalement, et nous ne percevons aucune commission des entreprises que vous choisirez. C’est la condition pour que notre avis vaille quelque chose face à celui qui les vend.
Cette règle a une conséquence qui surprend, et qui illustre mieux que tout ce que « indépendant » veut dire : il nous arrive de conclure qu’il ne faut rien faire de plus. Sur un dossier d’humidité récent, le rapport a conclu à une réfection du drainage périphérique et au traitement des murs humides — et a écrit noir sur blanc qu’aucune expertise contradictoire n’était nécessaire. Nous aurions pu vendre la mission suivante. Le dossier ne la justifiait pas.
La même logique vaut pour les investigations complémentaires. Quand une étude géotechnique est nécessaire, nous disons ce qu’il faut chercher et à quelle mission normalisée elle correspond ; c’est un bureau d’études spécialisé qui la réalise, pas nous. Cette séparation n’est pas une limite de nos compétences, c’est ce qui rend nos conclusions utilisables contre quelqu’un — y compris contre l’entreprise qui a construit.
Le titre d’expert en bâtiment n’est pas protégé en France. N’importe qui peut l’employer, et beaucoup l’emploient. Les mentions « agréé », « certifié » ou « assermenté » ne renvoient pas toutes à la même chose, et certaines ne renvoient à rien du tout.
Plutôt qu’une liste de labels, voici les cinq vérifications qui tiennent, dans l’ordre où elles se font en quelques minutes.
| Ce qu’on vérifie | Comment | Ce qui doit alerter |
|---|
| L’absence de vente de travaux | Le site propose-t-il des prestations de réparation, ou des partenaires « recommandés » ? | Un diagnostic gratuit suivi d’un devis de travaux |
| L’assurance de responsabilité civile professionnelle | Demander l’attestation, avec les montants et l’activité couverte | Un refus, ou une attestation périmée |
| La signature du rapport | Un rapport doit être signé par une personne nommée, avec sa qualification | Un rapport anonyme ou signé d’une raison sociale seule |
| La formation et le parcours de l’expert | Architecte, ingénieur structure, économiste de la construction, ancien expert d’assurance | Une compétence annoncée sans parcours vérifiable |
| Le mode de calcul des honoraires | Annoncé avant la mission et inscrit au contrat | Un montant qui dépend de ce que l’expert « obtiendra » |
Une mention en particulier demande de la prudence : un professionnel qui vous annonce un montant d’indemnisation avant d’avoir vu le bien et lu votre contrat promet un résultat qu’aucune expertise ne permet de promettre. C’est le signal le plus fiable qu’on puisse observer sans être du métier.
Nos experts publient leur parcours sur une fiche nominative, et chaque rapport porte le nom de celui qui l’a rédigé et de celui qui l’a relu. Vous trouverez la présentation de nos domaines d’expertise technique du bâtiment et, sur chaque page de service, la signature de l’expert responsable du sujet.
Où intervenons-nous, et par quoi commencer ?
Nos experts interviennent partout en France, à partir de pôles régionaux, et le cabinet dispose d’agences dont les adresses sont publiées sur notre page où nous trouver. La couverture n’est pas un argument commercial : elle décide du délai de visite, et le délai décide parfois du dossier.
Par quoi commencer dépend de ce qui vous amène. Si un désordre structurel vous inquiète, le télérelevé de fissures à 490 € TTC donne un rapport écrit sans attendre un rendez-vous. Si une vente est en cours, c’est l’expertise avant achat qu’il faut engager avant la signature. Si un sinistre est déclaré et qu’une proposition d’indemnisation vous paraît faible, la contre-expertise se prépare sur les pièces, et les délais courent déjà. Si un chantier se termine mal, la réception de chantier est le moment où les réserves se posent encore facilement.
Dans tous les cas, le premier échange est gratuit, sans engagement, et se fait au téléphone. Vous décrivez ce que vous voyez ; nous vous disons si une expertise se justifie, laquelle, ce qu’elle coûtera, et ce qu’il faut réunir d’ici là. Un expert bâtiment du cabinet vous répond sous 24 heures ouvrées.
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Comment puis-je faire passer un expert en bâtiment ?