Diagnostic humidité : prix, méthode et pièges du gratuit

 
300 à 900 €coût d'un diagnostic humidité complet s'établit
80 à 200 €traitement des remontées capillaires se chiffre
1 à 1,50 mmarquent les murs sur une hauteur caractéristique
moins de 5 %maçonnerie est considéré comme sec lorsque sa teneur en eau

Mis à jour le 28 août 2026

Diagnostic humidité gratuit ou payant : de quoi parle-t-on exactement ?

Enduit extérieur décollé et effrité en pied de mur, signe de remontées capillaires à confirmer par un diagnostic humidité.
Décollement d'enduit et efflorescences en pied de mur : la signature visuelle classique des remontées capillaires, à confirmer par des mesures comparatives.

Face à des traces d'humidité, beaucoup de propriétaires se tournent d'abord vers un diagnostic humidité gratuit proposé par une entreprise de traitement. Ce choix, séduisant sur le papier, mérite d'être questionné : cette page fait le point sur le prix d'un diagnostic humidité indépendant, sa méthode, et les raisons de se méfier du gratuit.

Des traces sombres en pied de mur, une odeur de moisi dans une chambre, de la peinture qui cloque au-dessus d'une plinthe : l'humidité est l'un des désordres les plus fréquents du bâti, et l'un des plus mal traités. Le réflexe naturel du propriétaire est de chercher sur Google un « diagnostic humidité » — la requête fait d'ailleurs l'objet de recherches régulières — et de tomber sur une offre abondante de diagnostics gratuits proposés par des entreprises de traitement. C'est précisément là que le sujet se complique.

Car deux prestations très différentes portent le même nom. D'un côté, le diagnostic gratuit d'une entreprise dont le modèle économique repose sur la vente d'un traitement : injections de résine, cuvelage, ventilation mécanique. De l'autre, le diagnostic humidité indépendant, facturé, réalisé par un expert qui ne vend aucun travaux et dont le seul livrable est un rapport identifiant la cause du désordre. Le premier oriente presque mécaniquement vers la solution que l'entreprise commercialise ; le second cherche la cause avant de parler de remède.

Cette page est notre référence méthodologique sur le sujet. Elle répond aux questions concrètes que se pose un propriétaire : combien coûte un diagnostic humidité indépendant, pourquoi se méfier du gratuit, comment se déroule une visite d'expertise, quels appareils de mesure sont utilisés, et à quel moment le diagnostic devient indispensable — avant un achat, avant des travaux, ou face à un litige. Pour le panorama général des causes d'humidité et d'infiltrations, nous renvoyons à notre page dédiée aux infiltrations : ici, nous traitons uniquement la question du diagnostic lui-même, de sa valeur et de son prix.

Descente d'eau pluviale déversant au pied d'un mur, cause d'humidité fréquemment identifiée lors d'un diagnostic humidité.
Descente d'eau pluviale rejetant l'eau directement au pied du mur : une cause d'humidité très fréquente, souvent confondue avec des remontées capillaires.

Combien coûte un diagnostic humidité indépendant ?

C'est la première question posée, et la réponse honnête tient en une fourchette : quelques centaines d'euros pour une maison, selon la surface, le nombre de pièces touchées, la complexité du bâti et la nécessité éventuelle d'investigations complémentaires. Le tableau ci-dessous donne les ordres de grandeur constatés sur le marché français pour les prestations liées au diagnostic humidité d'une maison. Ces montants sont des ordres de grandeur publics, issus des pratiques courantes de la profession : ils ne constituent pas un devis et ne remplacent pas un chiffrage établi après un premier échange sur votre situation.

Prestation Fourchette de prix constatée Ce qui fait varier le montant
Diagnostic gratuit d'une entreprise de traitement 0 € Financé par le devis de travaux qui suit ; conflit d'intérêts structurel
Diagnostic humidité indépendant (appartement) 300 à 600 € Surface, nombre de pièces touchées, accessibilité des murs
Diagnostic humidité indépendant (maison) 450 à 900 € Surface, sous-sol ou vide sanitaire, ancienneté du bâti, nombre de causes suspectées
Mesures complémentaires (prélèvements, tests carbure, suivi hygrométrique) 100 à 400 € en sus Nombre de points de mesure, nécessité d'un second passage
Traitement des remontées capillaires par injection (à titre de comparaison) 80 à 200 € le mètre linéaire Épaisseur du mur, matériau, produit injecté, accès une ou deux faces

La lecture de ce tableau éclaire l'économie du secteur : un diagnostic indépendant coûte l'équivalent de quelques mètres linéaires d'injection. Autrement dit, si le diagnostic évite un traitement inadapté sur quinze mètres de mur, il s'est remboursé plusieurs fois. À l'inverse, le diagnostic gratuit ne coûte rien au moment de la visite, mais son coût réel est dilué dans le devis de travaux — c'est un coût d'acquisition commercial, pas une prestation neutre.

Notre positionnement de cabinet est clair : nous facturons le diagnostic, nous ne vendons aucun traitement. Cette séparation entre celui qui diagnostique et celui qui traite est la même que celle qui sépare le médecin du pharmacien : elle est la condition structurelle d'un avis non biaisé.

À retenir

un diagnostic humidité indépendant se situe couramment entre 300 et 900 € selon le bien, quand un traitement par injection se facture 80 à 200 € le mètre linéaire. Le diagnostic gratuit n'est pas une prestation neutre : c'est l'amorce commerciale d'un devis de travaux.

Fissure verticale sur façade enduite au-dessus d'une fenêtre, point d'infiltration d'eau de pluie possible dans le mur.
Fissure verticale au-dessus d'une fenêtre : un chemin d'entrée potentiel pour l'eau de pluie, que le diagnostic doit distinguer d'une humidité venue du sol.

Pourquoi se méfier d'un diagnostic humidité gratuit ?

Le mot « gratuit » mérite d'être décomposé. Une visite technique mobilise un salarié qualifié, un véhicule, des appareils de mesure et une à deux heures sur place : cette prestation a un coût réel pour l'entreprise qui l'offre. Si elle est gratuite pour le client, c'est qu'elle est financée par autre chose — en l'occurrence, par les devis de travaux signés à la suite de ces visites. Ce modèle économique n'a rien d'illégal, mais il crée un biais structurel : le technicien qui diagnostique est aussi celui qui vend, et son entreprise ne se rémunère que si un traitement est conclu.

La conséquence la plus documentée de ce biais est le sur-diagnostic des remontées capillaires. C'est la cause qui justifie le traitement le plus rentable — l'injection de résine hydrophobe en pied de mur, facturée au mètre linéaire — et c'est donc celle qui est la plus souvent retenue, y compris lorsque l'humidité provient en réalité d'une descente d'eau pluviale défectueuse, d'un défaut d'étanchéité, d'une condensation liée à la ventilation ou d'une fuite de canalisation encastrée. L'Agence Qualité Construction (AQC), qui analyse les pathologies du bâtiment en France, souligne de longue date que les désordres liés à l'eau et à l'humidité comptent parmi les plus fréquents et que leur traitement échoue le plus souvent faute d'identification correcte de la cause. Traiter des remontées capillaires quand le problème est une gouttière qui se déverse au pied du mur, c'est dépenser plusieurs milliers d'euros sans résoudre le désordre.

Deuxième point de vigilance : l'outillage. La plupart des visites gratuites reposent sur un unique testeur à pointes ou à boule, qui mesure une conductivité électrique de surface. Cet appareil détecte une humidité relative de surface, mais il est aveugle à la teneur en eau réelle du cœur du mur, et il réagit aussi aux sels minéraux, aux enduits métallisés ou à certains matériaux, en produisant des faux positifs. Conclure sur cette seule mesure, sans protocole comparatif ni recherche de la source, n'est pas un diagnostic : c'est un argument de vente.

Troisième point : le rapport. Un diagnostic gratuit débouche rarement sur un rapport argumenté, opposable, décrivant la méthode, les mesures et le raisonnement. Il débouche sur un devis. Or, en cas de litige ultérieur — travaux inefficaces, désordre persistant, vente du bien — c'est le rapport qui a une valeur, pas le devis.

À retenir

le diagnostic gratuit est financé par les travaux qu'il recommande, ce qui oriente structurellement la conclusion vers le traitement le plus rentable pour l'entreprise. Méfiance particulière quand la conclusion « remontées capillaires » tombe en quelques minutes, sur la foi d'un seul appareil de surface, sans examen des gouttières, de la ventilation ni des réseaux.

Comment se déroule un diagnostic humidité indépendant ?

Un diagnostic humidité digne de ce nom est une démarche d'investigation, pas une simple visite. Notre cabinet suit une méthodologie d'analyse conforme à l'esprit de la norme NF X50-110 (2024), qui encadre la qualité des expertises : recueil des faits, mesures, hypothèses, réfutation, conclusion motivée. Concrètement, lors d'une expertise humidité, l'expert procède selon les étapes suivantes.

Première étape : l'anamnèse. Avant toute mesure, l'expert interroge l'historique du désordre — date d'apparition, saisonnalité, travaux récents, épisodes de fortes pluies, modification de la ventilation, occupation du logement. Cette chronologie oriente les hypothèses : une humidité qui apparaît après chaque pluie ne raconte pas la même histoire qu'une condensation hivernale récurrente ou qu'une tache qui s'étend en continu.

Deuxième étape : l'examen visuel systématique, à l'extérieur comme à l'intérieur. À l'extérieur : état des enduits, fissures en façade, gouttières et descentes d'eau pluviale, pentes du terrain, niveaux du sol par rapport aux planchers intérieurs, soubassements. Un décollement d'enduit en pied de mur, des efflorescences de sels, une descente qui rejette l'eau au pied de la façade sont des indices matériels qui valent autant que les mesures. À l'intérieur : localisation précise des traces, hauteur des auréoles, état des menuiseries, présence de moisissures dans les angles ou derrière les meubles, condensation sur les vitrages.

lire un pied de mur humide

L'œil suit d'abord la hauteur de la trace d'humidité, car une auréole qui s'arrête vers un mètre à un mètre cinquante évoque des remontées capillaires.

Il cherche ensuite les efflorescences de sels blanchâtres et le décollement de l'enduit, signatures d'une eau qui migre du sol vers la surface du mur.

Il remonte enfin vers les gouttières et descentes pluviales, car une eau rejetée au pied de la façade produit des traces très semblables sans être une remontée capillaire.

Troisième étape : les mesures instrumentées et comparatives. L'expert croise plusieurs outils : humidimètre capacitif ou résistif pour cartographier les zones humides en surface, mesures hygrométriques de l'air (température, humidité relative, point de rosée) pour objectiver un problème de condensation, caméra thermique le cas échéant pour repérer ponts thermiques et zones froides propices à la condensation, et si nécessaire prélèvements pour mesure pondérale — la méthode de référence, dite « à la bombe au carbure » ou par étuvage, qui seule donne la teneur en eau réelle du matériau en profondeur. Le point décisif est le caractère comparatif du protocole : on mesure la zone atteinte et une zone saine du même matériau, à plusieurs hauteurs, pour dégager un profil d'humidité. Un profil décroissant avec la hauteur signe une eau venue du sol ; un profil inversé ou localisé oriente vers une infiltration ou une fuite.

Quatrième étape : la hiérarchisation des causes et le rapport. L'humidité d'un mur a rarement une cause unique ; l'expert hiérarchise les contributions (par exemple : rejet d'eaux pluviales prépondérant, ventilation insuffisante aggravante) et rédige un rapport qui documente les constats, les mesures, le raisonnement et les préconisations de principe, que le propriétaire peut ensuite faire chiffrer par les entreprises de son choix. C'est ce document, daté et argumenté, qui a une valeur en cas de désaccord avec un vendeur, une entreprise ou un assureur.

À retenir

un vrai diagnostic humidité croise l'historique du désordre, l'examen du bâti dehors et dedans, et des mesures comparatives à plusieurs hauteurs et profondeurs. La conclusion identifie et hiérarchise les causes avant toute préconisation — jamais l'inverse.

Quelles sont les causes qu'un diagnostic humidité doit départager ?

La valeur d'un diagnostic de maison humide tient à sa capacité à départager des causes dont les symptômes se ressemblent mais dont les remèdes n'ont rien en commun. Quatre familles couvrent l'essentiel des situations.

Les remontées capillaires, d'abord : l'eau du sol migre dans les murs par capillarité, faute de coupure étanche en pied de mur — situation typique du bâti ancien. Les marqueurs sont une humidité permanente en partie basse, des sels en surface, une hauteur d'auréole plafonnant vers 1 à 1,50 m. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur l'humidité ascensionnelle des murs anciens. C'est la cause la plus souvent invoquée par les vendeurs de traitement, et c'est pourquoi le diagnostic doit la confirmer par un profil de mesures, pas seulement par l'aspect visuel.

Les infiltrations et apports d'eau extérieurs, ensuite : eau de pluie qui traverse une façade fissurée, franchit un enduit dégradé, ou — cas extrêmement fréquent et sous-diagnostiqué — eau pluviale rejetée directement au pied du mur par une descente défectueuse ou non raccordée. Les murs enterrés ou semi-enterrés relèvent de la même famille : nous y consacrons deux articles, l'un sur l'humidité en sous-sol côté mur pignon, l'autre sur le cas de la pluie rejetée au pied du mur en sous-sol. Le lien entre fissuration et entrée d'eau est traité dans notre article fissure de façade et humidité. Pour le panorama complet des mécanismes d'infiltration, la page de référence du cabinet reste infiltrations.

La condensation, troisième famille : l'air intérieur chargé de vapeur d'eau atteint son point de rosée sur les parois froides — angles de murs, linteaux, derrière les meubles. Les marqueurs sont des moisissures noires ponctuelles, une saisonnalité hivernale marquée, de la buée sur les vitrages. La cause est un déséquilibre entre production de vapeur, ventilation et isolation ; le remède relève de la ventilation et du traitement des ponts thermiques, jamais de l'injection. Le CSTB, établissement public de référence sur la physique du bâtiment, documente largement ces phénomènes de transferts hygrothermiques. L'ADEME rappelle par ailleurs le rôle central du renouvellement d'air dans la qualité sanitaire des logements.

Les fuites de réseaux, enfin : canalisation d'alimentation ou d'évacuation encastrée qui fuit, joint défaillant, étanchéité de douche percée. Le marqueur est une humidité localisée, sans corrélation avec la pluie ni la saison, parfois évolutive. La recherche peut nécessiter gaz traceur ou inspection vidéo — prestations distinctes du diagnostic initial, que le rapport prescrit le cas échéant.

Un cas transversal mérite mention : le mur pignon, souvent le plus exposé aux intempéries et le moins protégé, cumule fréquemment plusieurs mécanismes. Notre article sur l'humidité du mur pignon détaille cette configuration.

À retenir

quatre familles de causes — remontées capillaires, infiltrations, condensation, fuites de réseau — produisent des symptômes voisins mais appellent des remèdes incompatibles entre eux. Tout diagnostic qui conclut sans avoir examiné les quatre pistes est incomplet.

Quel cadre réglementaire et normatif s'applique au diagnostic humidité ?

Contrairement au diagnostic de performance énergétique ou au constat amiante, le diagnostic humidité n'est pas un diagnostic immobilier réglementé : aucun texte n'impose sa réalisation avant une vente ou une location, et aucune certification spécifique n'encadre le titre de « diagnostiqueur humidité ». Cette absence de cadre explique l'hétérogénéité du marché — et l'importance de vérifier la méthode et l'indépendance de l'intervenant.

Plusieurs référentiels s'appliquent néanmoins. Sur la méthode d'expertise, la norme NF X50-110 (2024) fixe les exigences générales de compétence et de traçabilité du raisonnement pour les activités d'expertise : c'est le cadre dont nous nous réclamons. Sur les règles de l'art constructives, les DTU définissent ce qu'un ouvrage doit respecter pour se prémunir de l'humidité : le DTU 20.1 pour les ouvrages en maçonnerie (protection des pieds de murs, coupures de capillarité), le DTU 13.1 pour les fondations, le DTU 26.1 pour les enduits au mortier, le DTU 40.21 pour les couvertures en tuiles et le DTU 60.1 pour la plomberie. Un diagnostic sérieux confronte le bâti observé à ces règles : un pied de mur enterré sans protection, un enduit ciment étanche sur une maçonnerie ancienne qui doit respirer, une descente pluviale non raccordée sont des écarts objectivables.

Sur le terrain juridique, l'humidité dissimulée lors d'une vente peut relever de la garantie des vices cachés prévue par l'article 1641 du Code civil : l'acquéreur qui découvre après la vente un désordre d'humidité antérieur, non apparent et suffisamment grave peut agir dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. Dans ce contentieux, le rapport d'un expert indépendant est une pièce maîtresse : il date le désordre, en établit la cause et en objective la gravité. Côté locatif, l'humidité excessive peut caractériser un manquement au critère de décence du logement ; l'ANIL publie des fiches de référence sur les obligations respectives du bailleur et du locataire en la matière. Enfin, pour situer un bien dans son contexte de risques (nappes affleurantes, zones inondables, retrait-gonflement des argiles), la plateforme publique Géorisques permet une première vérification par adresse.

Dernier point de cadre : l'humidité intérieure excessive est aussi un enjeu sanitaire. Les moisissures dégradent la qualité de l'air intérieur et sont associées à des pathologies respiratoires — un argument de plus pour traiter la cause plutôt que de masquer les symptômes derrière une peinture anti-humidité.

À retenir

aucun texte n'impose ni n'encadre le diagnostic humidité en tant que tel ; ce sont la norme d'expertise NF X50-110, les DTU applicables au bâti et, en cas de vente, l'article 1641 du Code civil sur les vices cachés qui structurent juridiquement le sujet. L'indépendance de l'expert n'est garantie par aucun texte : elle se vérifie.

Quand un diagnostic humidité devient-il indispensable ?

Trois situations rendent le diagnostic humidité particulièrement utile, au-delà de la simple gêne esthétique.

Avant un achat immobilier, d'abord. Des traces d'humidité repérées lors des visites — ou une odeur caractéristique, un soubassement récemment repeint, des plinthes neuves sur un seul mur — justifient une investigation avant de signer. Le diagnostic établit la cause probable et l'ordre de grandeur des remèdes : une condensation se corrige pour quelques centaines à quelques milliers d'euros de ventilation, quand une reprise d'étanchéité de murs enterrés peut en coûter des dizaines de milliers. Cette asymétrie change la négociation. Et si le désordre se révèle après la vente, le rapport d'expertise devient la pièce centrale d'une éventuelle action en garantie des vices cachés.

Avant des travaux de traitement, ensuite — c'est le cas le plus fréquent. Un devis d'injection, de cuvelage ou de VMI en main, le propriétaire veut savoir si le traitement proposé répond à la cause réelle. Le diagnostic indépendant joue ici le rôle de contre-expertise préalable : il confirme ou infirme le mécanisme invoqué par l'entreprise. Rappelons l'ordre de grandeur : le diagnostic coûte une fraction du traitement, et un traitement mal ciblé est une dépense intégralement perdue — le désordre persiste, et il faut recommencer l'analyse depuis le début.

En cas de litige, enfin : désordre persistant après des travaux de traitement censés l'avoir résolu, humidité apparue après la vente, différend entre bailleur et locataire sur l'origine de moisissures — usage du logement ou défaut du bâti. Dans ces configurations, le rapport d'expertise indépendant objective le débat : il établit la cause, la date probable d'apparition et les responsabilités techniques. Il peut fonder une réclamation amiable, nourrir une négociation, ou préparer une expertise judiciaire.

Dans tous les cas, le critère de choix de l'intervenant est le même : l'indépendance vis-à-vis des travaux. Une entreprise de diagnostic humidité qui vend aussi le traitement est juge et partie ; un expert qui ne vit que de ses rapports n'a aucun intérêt à conclure dans un sens plutôt qu'un autre. Les démarches génériques en cas de litige de la vie courante sont par ailleurs décrites sur service-public.fr.

À retenir

le diagnostic humidité s'impose avant un achat (pour négocier en connaissance de cause), avant de signer un devis de traitement (pour vérifier que le remède vise la bonne cause) et en cas de litige (pour objectiver le débat). Le critère décisif du choix de l'intervenant est son indépendance vis-à-vis des travaux.

FAQ : vos questions sur diagnostic humidité ?

Combien coûte un diagnostic humidité pour une maison ?

Pour une maison individuelle, un diagnostic humidité indépendant se situe couramment entre 450 et 900 €, selon la surface, la présence d'un sous-sol ou d'un vide sanitaire, l'ancienneté du bâti et le nombre de zones touchées. D'éventuelles mesures complémentaires (prélèvements pondéraux, suivi hygrométrique sur plusieurs jours) s'ajoutent en sus. Ces montants sont des ordres de grandeur constatés ; seul un échange préalable permet un chiffrage adapté à votre situation.

Un diagnostic humidité gratuit a-t-il une valeur ?

Une valeur commerciale, oui ; une valeur probante, rarement. Réalisé par une entreprise qui vit de la vente de traitements, il aboutit à un devis, pas à un rapport argumenté et opposable. Sa conclusion est structurellement orientée vers la prestation que l'entreprise commercialise. Il peut servir de premier signal d'alerte, mais il ne remplace pas une analyse indépendante lorsque les montants en jeu deviennent significatifs.

Comment reconnaître un diagnostic humidité sérieux ?

Quatre marqueurs : l'intervenant ne vend aucun traitement ; la visite dure plus d'une heure et couvre l'extérieur comme l'intérieur (gouttières, enduits, ventilation, réseaux) ; les mesures sont comparatives — plusieurs points, plusieurs hauteurs, zone saine contre zone atteinte — et non limitées à un testeur de surface ; le livrable est un rapport écrit qui expose la méthode, les mesures et le raisonnement jusqu'à la cause hiérarchisée.

Combien de temps dure la visite de diagnostic ?

Comptez généralement une à trois heures sur place pour une maison, selon la taille et le nombre de désordres. Certaines situations exigent un second passage : suivi d'hygrométrie sur plusieurs jours pour objectiver une condensation, mesures après pluie pour confirmer une infiltration, ou prélèvements dont l'analyse demande un délai. Le rapport écrit est ensuite remis sous quelques jours à quelques semaines selon la complexité.

Quels appareils l'expert utilise-t-il ?

Les outils courants sont l'humidimètre (capacitif ou résistif) pour cartographier l'humidité de surface, le thermo-hygromètre pour mesurer température et humidité de l'air et calculer le point de rosée, la caméra thermique pour repérer parois froides et ponts thermiques, et, quand la teneur en eau profonde doit être objectivée, le prélèvement avec mesure pondérale (méthode au carbure de calcium ou étuvage). Aucun appareil ne conclut seul : c'est le croisement des mesures qui fait le diagnostic.

L'humidité peut-elle constituer un vice caché lors d'une vente ?

Oui, si trois conditions sont réunies : le désordre existait avant la vente, il n'était pas apparent lors des visites, et il rend le bien impropre à son usage ou en diminue fortement la valeur. L'article 1641 du Code civil fonde alors une action ouverte pendant deux ans à compter de la découverte du vice. Un rapport d'expertise indépendant établissant l'antériorité et la gravité du désordre est la pièce technique centrale de ce type de dossier.

Le diagnostic humidité est-il obligatoire avant une vente ?

Non. Contrairement au DPE, à l'amiante ou au plomb, aucun texte n'impose un diagnostic humidité dans le dossier de diagnostic technique d'une vente. C'est une démarche volontaire — de l'acquéreur qui veut sécuriser son achat, ou du vendeur qui veut objectiver l'état de son bien. Cette absence d'obligation explique aussi l'absence de certification : tout l'enjeu est de choisir un intervenant indépendant et méthodique.

Un mur humide peut-il sécher seul après suppression de la cause ?

Oui, mais lentement. Une fois la cause supprimée — descente pluviale reprise, fuite réparée, ventilation rétablie — un mur épais de maçonnerie ancienne peut demander de longs mois, parfois plus d'une année, pour revenir sous le seuil de siccité usuel d'environ 5 % de teneur en eau en masse. Les finitions (enduits, peintures) ne doivent être refaites qu'après ce séchage, sous peine de voir les désordres réapparaître.

Un diagnostic humidité n'a de valeur que s'il est indépendant du traitement qui suivra. C'est toute la différence entre un document commercial gratuit, conçu pour aboutir à un devis, et une étude méthodique facturée, conçue pour identifier la cause réelle du désordre. Les ordres de grandeur sont connus : quelques centaines d'euros pour un diagnostic indépendant, contre plusieurs milliers d'euros pour un traitement mal ciblé qui n'aura pas résolu le problème — et qu'il faudra parfois refaire. La méthode compte davantage que l'outil : mesures comparatives, recherche de la source (remontées capillaires, infiltrations, condensation, fuite de réseau), hiérarchisation des causes et préconisations chiffrables. C'est ce cheminement, documenté dans un rapport opposable, qui protège le propriétaire au moment de négocier avec une entreprise, un vendeur ou un assureur. Notre cabinet réalise des diagnostics humidité indépendants en Occitanie : nous ne vendons aucun traitement, aucun produit, aucune injection de résine. Notre seul livrable est un rapport d'expertise argumenté. Si votre logement présente des traces d'humidité persistantes, des moisissures récurrentes ou un doute avant travaux, contactez notre cabinet pour nous exposer votre situation : nous vous dirons si un diagnostic humidité est pertinent dans votre cas, et sous quel délai nous pouvons intervenir.

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