Didier MOSSER intervient en expertise du bâtiment sur un quadrilatère qui va du Vaucluse aux Bouches-du-Rhône, en remontant la Drôme et l’Ardèche. Il est appelé par des particuliers, des copropriétés et des professionnels confrontés à un désordre qu’ils ne parviennent ni à expliquer ni à faire reconnaître : une fissure qui progresse d’une saison à l’autre, une humidité qui revient malgré les travaux, un chantier réceptionné dont les défauts apparaissent quelques mois plus tard, un constructeur ou un assureur qui conteste l’origine du sinistre.
Ce territoire a une pathologie propre, et elle commence sous les fondations. Les terrains du Comtat, de la plaine rhodanienne et des coteaux drômois associent argiles sensibles au retrait-gonflement, alluvions hétérogènes et sols de remblai. Les sécheresses successives y ont multiplié les sinistres : fissures en escalier au droit des angles et des ouvertures, dallages désolidarisés, seuils et carrelages désaffleurés, portes qui ne ferment plus. À cela s’ajoutent deux parcs bâtis très différents. Le bâti ancien en pierre et en terre, d’abord, souvent repris au ciment et privé de sa capacité à sécher, ce qui déplace l’humidité au lieu de la traiter. Le pavillonnaire des années 1970 à 2000, ensuite, fondé superficiellement et donc directement exposé aux variations de teneur en eau du sol. Le mistral, enfin, sollicite sans relâche les couvertures en tuile canal, les rives, les solins et les évacuations d’eaux pluviales.
Le travail de l’expert ne consiste pas à constater ces désordres : le propriétaire les a déjà vus. Il consiste à en établir la cause, puis à rattacher cette cause à une responsabilité ou à une garantie. C’est cette qualification technique et juridique qui permet d’ouvrir un dossier de garantie décennale, de mobiliser une assurance dommages-ouvrage, de faire jouer une déclaration de catastrophe naturelle sécheresse, ou au contraire de comprendre qu’un désordre relève de l’entretien et n’engagera personne d’autre que son propriétaire. Un rapport qui s’arrête au constat laisse le demandeur exactement là où il était ; un rapport qui nomme la cause lui donne un point d’appui.