Livraison VEFA : déroulement, réserves et refus des clés

 
5 %solde consignable en cas de contestation
1 moisdénonciation des défauts apparents
2 mlongueur de la règle de contrôle
690 € HTexpert indépendant à la livraison

Mis à jour le 20 septembre 2026

Livraison VEFA : déroulement, réserves à poser, refus de remise des clés : de quoi parle-t-on ?

La livraison VEFA est le moment où le promoteur remet à l'acquéreur les clés d'un logement acheté sur plan, en état futur d'achèvement, et où l'acquéreur constate par écrit ce qui est conforme et ce qui ne l'est pas. C'est un rendez-vous court, souvent vécu dans l'émotion d'un emménagement imminent, et pourtant c'est lui qui fixe pour des mois la position juridique de chacun : ce qui est noté au procès-verbal devient une réserve que le vendeur doit lever ; ce qui ne l'est pas devra être dénoncé dans un délai bref, puis prouvé.

Les acquéreurs qui nous interrogent arrivent le plus souvent avec les mêmes questions, que l'on retrouve d'ailleurs régulièrement dans les demandes que reçoit notre cabinet sur cette expression : comment la visite se déroule concrètement, ce qu'il faut regarder, comment formuler une réserve pour qu'elle soit opposable, et surtout si l'on peut refuser de prendre les clés ou de payer le solde quand le logement présente des défauts. La difficulté tient à ce que la livraison VEFA obéit à des règles propres, distinctes de la réception d'une maison individuelle, et que le vocabulaire — achèvement, mise à disposition, prise de possession, réserve, consignation — porte des conséquences précises.

Cette page pose ce vocabulaire, décrit le déroulement de la pré-livraison à la levée des réserves, explique comment rédiger des réserves exploitables, puis traite du refus de remise des clés et du refus de paiement, avant de chiffrer ce que coûte une assistance à la livraison VEFA par un expert indépendant. Elle ne traite que de la livraison ; le reste de l'expertise construction est présenté sur la page parente du cabinet.

À retenir

la livraison VEFA est un acte juridique autant qu'une visite technique ; ce qui y est écrit engage le vendeur, ce qui ne l'est pas retombe sur l'acquéreur.

Fissures d'enduit en angle de linteau marquées par l'expert, exemple de réserve à porter au PV de livraison VEFA.
Fissures d'enduit en angle de linteau, avec traces de reprises : le type de désordre apparent qui doit être localisé et réservé au procès-verbal le jour de la livraison.

Comment se déroule une livraison VEFA, de la pré-livraison à la remise des clés ?

La livraison VEFA se déroule en une visite contradictoire du logement achevé, à l'issue de laquelle acquéreur et vendeur signent un procès-verbal de livraison listant les réserves, puis l'acquéreur paie ou consigne le solde et reçoit les clés. Cette visite est précédée, dans la plupart des programmes, d'une pré-livraison sans valeur juridique, et suivie d'un mois pendant lequel des réserves complémentaires restent possibles.

Trois notions à ne pas confondre. Le Code de la construction et de l'habitation (CCH) distingue l'achèvement, la mise à disposition et la prise de possession. L'achèvement (article R261-1 du CCH) est atteint lorsque les ouvrages sont exécutés et les équipements indispensables à l'utilisation du bien installés ; les défauts de conformité non substantiels et les malfaçons qui ne rendent pas le bien impropre à sa destination n'empêchent pas l'achèvement. La mise à disposition, que la pratique appelle livraison, est la remise du bien à l'acquéreur ; elle rend le solde exigible. La prise de possession est l'entrée effective dans les lieux ; c'est elle qui fait courir le délai d'un mois de l'article 1642-1 du Code civil pour dénoncer les vices et défauts de conformité apparents. Les trois dates coïncident souvent, pas toujours.

Livraison n'est pas réception. À la différence de la réception dans un contrat de construction de maison individuelle, où le maître d'ouvrage réceptionne lui-même les travaux face au constructeur, l'acquéreur en VEFA n'est pas partie à la réception : celle-ci intervient entre le promoteur et ses entreprises, généralement avant la livraison. L'acquéreur « prend livraison » d'un bien vendu ; ses recours visent le vendeur, pas les entreprises, et c'est le vendeur qui se retourne ensuite contre elles.

La pré-livraison VEFA. Elle n'est prévue par aucun texte, mais la plupart des promoteurs l'organisent quelques semaines avant la livraison, parfois après une première « visite cloisons » en cours de chantier. Son intérêt est réel : repérer les défauts pendant que les entreprises sont encore sur place, ce qui permet de les corriger avant le jour J. Sa limite l'est tout autant : le compte rendu de pré-livraison n'a pas la valeur d'un procès-verbal et ne fait courir aucun délai. Nous recommandons d'y consigner malgré tout chaque observation par écrit, avec photographies datées, puis de vérifier le jour de la livraison que chaque point a été traité ; un point de pré-livraison non corrigé devient une réserve au procès-verbal, rédigée dans les mêmes termes.

La convocation. Le contrat de vente fixe une date ou un trimestre prévisionnel de livraison et les modalités de convocation, généralement par lettre recommandée avec un préavis de quelques semaines. Le promoteur adresse en même temps l'appel de fonds du solde. Comparer la date de convocation à la date contractuelle, avant la visite, conditionne l'application éventuelle des pénalités de retard.

La visite de livraison. Elle dure d'ordinaire une à deux heures pour un appartement, davantage pour une maison, et se conduit lot par lot : gros œuvre et façades visibles, menuiseries extérieures, cloisons et plafonds, revêtements de sols et de murs, plomberie et sanitaires, électricité, chauffage et ventilation, équipements de cuisine s'ils sont prévus, annexes (cave, parking, balcon, jardin). Elle s'appuie sur la notice descriptive annexée au contrat, seul document qui dit ce qui devait être livré, et sur les plans de vente. Sans ces deux pièces en main, la visite ne peut pas qualifier une non-conformité.

Le procès-verbal, les clés, le solde. Le procès-verbal de livraison est signé par les deux parties ; il porte la liste des réserves, la date de mise à disposition et les relevés de compteurs. La remise des clés intervient contre paiement du solde ou justification de sa consignation. Les réserves complémentaires peuvent être notifiées au vendeur, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, pendant le mois qui suit la prise de possession.

La levée des réserves. Aucun délai légal n'est imposé au vendeur pour lever les réserves ; les contrats prévoient un délai « raisonnable » ou de quelques mois. La levée se constate par un procès-verbal de levée de réserves, point par point, qui conditionne la libération du solde consigné. Une réserve levée partiellement se note comme telle, jamais comme levée.

Étape Quand Valeur juridique Document
Visite cloisons En cours de chantier Aucune (courtoisie du promoteur) Compte rendu du promoteur
Pré-livraison Quelques semaines avant la livraison Aucune, mais prépare la preuve Compte rendu écrit et photos datées
Convocation Selon le contrat, par recommandé Fixe la date de mise à disposition Lettre + appel de fonds du solde
Visite de livraison Jour J Acte contradictoire Procès-verbal de livraison avec réserves
Remise des clés Jour J, contre solde payé ou consigné Transfert de la garde du bien Reçu, relevés de compteurs
Réserves complémentaires Dans le mois suivant la prise de possession Opposables au vendeur (art. 1642-1 C. civ.) Lettre recommandée avec AR
Levée des réserves Délai contractuel Libère le solde consigné PV de levée de réserves

Le déroulement administratif de la vente en l'état futur d'achèvement, du contrat de réservation à la livraison, est décrit sur la fiche dédiée de service-public.fr.

À retenir

la livraison VEFA est la mise à disposition d'un bien achevé au sens de l'article R261-1 du CCH, constatée par un procès-verbal contradictoire ; la pré-livraison n'a pas de valeur juridique mais prépare la preuve, et le mois qui suit la prise de possession reste ouvert aux réserves complémentaires.

Quelles réserves poser à la livraison VEFA et comment les formuler au procès-verbal ?

Une réserve à la livraison VEFA est la mention, portée au procès-verbal, d'un vice de construction ou d'un défaut de conformité apparent que l'acquéreur demande au vendeur de reprendre ; pour être exploitable, elle doit être localisée, décrite, si possible mesurée, et rattachée à ce que le contrat prévoyait. Une réserve vague (« finitions à reprendre ») protège mal ; une réserve précise (« séjour, mur ouest, faïence : deux carreaux fêlés à droite de la fenêtre ») se lève ou se plaide.

Trois familles de réserves. Le défaut de conformité est l'écart entre ce qui est livré et ce que promettaient le contrat, la notice descriptive et les plans : une prise absente, un revêtement d'une autre gamme, une cloison déplacée, une surface inférieure à la tolérance contractuelle. La malfaçon, ou vice de construction, est un ouvrage prévu mais mal exécuté : carrelage hors planéité, peinture qui laisse voir le fond, porte qui frotte, joint de fenêtre discontinu. L'inachèvement est un ouvrage ou un équipement prévu et non réalisé ; s'il porte sur un élément indispensable à l'usage, il remet en cause l'achèvement lui-même, ce qui change tout pour la remise des clés. Distinguer les trois n'est pas académique : la nature de la réserve oriente la réponse que le vendeur peut opposer et la garantie qui prendra le relais.

Apparent ou caché. La livraison ne porte que sur l'apparent : ce qu'un acquéreur normalement attentif peut voir sans démontage ni instrument spécialisé. Ce qui n'est pas visible ce jour-là — un défaut d'étanchéité sous carrelage, un réseau mal raccordé, une isolation acoustique insuffisante — relève d'autres garanties, et pour les immeubles à construire de la garantie des défauts de la chose vendue organisée par le Code civil, articles 1641 et suivants, articulée avec les garanties biennale et décennale. Le piège classique est inverse : un défaut visible le jour de la livraison et non réservé, ni au procès-verbal ni dans le mois, est réputé accepté. C'est pourquoi la visite doit être exhaustive plutôt que rapide.

Comment nous formulons une réserve. Une réserve utile comporte cinq éléments : la pièce et l'emplacement (« chambre 2, plafond, angle nord-est ») ; l'ouvrage concerné (enduit, menuiserie, carrelage) ; la nature du désordre en termes descriptifs (fissure, épaufrure, défaut de planéité, rayure, absence) ; une mesure quand elle existe (longueur de la fissure, flèche sous règle, jour sous une porte) ; la référence contractuelle s'il s'agit d'une non-conformité (page de la notice descriptive, plan de vente). Une photographie datée, numérotée en correspondance avec le procès-verbal, complète l'ensemble. Sur les tolérances d'exécution, nous nous référons aux documents techniques unifiés du lot concerné — le DTU 26.1 pour les enduits, le DTU 60.1 pour la plomberie sanitaire — et aux référentiels publiés par le CSTB ; c'est ce référentiel qui permet de dire si un écart constitue une réserve ou entre dans une tolérance admise. Les fiches pathologie de l'Agence Qualité Construction aident à nommer correctement un désordre observé.

Ce que l'expert regarde à la livraison

L'œil se place en lumière rasante le long des murs et des plafonds pour faire ressortir les défauts de planéité et les reprises d'enduit que la lumière frontale efface.

Chaque menuiserie est ouverte, fermée, verrouillée, et le joint périphérique est suivi du doigt sur tout son pourtour pour détecter les discontinuités.

Les points d'eau sont mis en service plusieurs minutes, siphons et raccords observés à la lampe, pendant que la règle de deux mètres contrôle les sols pièce par pièce.

Lot Ce que l'on contrôle Formulation type de la réserve
Sols carrelés et souples Planéité sous règle de 2 m, carreaux fêlés, joints, désaffleurs aux seuils « Séjour, carrelage : désaffleur au seuil de la baie, carreau fêlé sous fenêtre »
Peintures et enduits Uniformité, coulures, fond visible, fissures de retrait aux jonctions « Chambre 1, plafond : fissure de retrait à la jonction cloison/plafond sur toute la longueur »
Menuiseries extérieures Manœuvre, verrouillage, joints, vitrages rayés, étanchéité des seuils « Cuisine, fenêtre : vitrage rayé face intérieure, joint bas discontinu »
Plomberie et sanitaires Écoulements, siphons, fixations, absence de fuite, robinetterie conforme à la notice « Salle de bains : mitigeur non conforme à la notice descriptive, référence différente »
Électricité Nombre et position des prises et points lumineux selon plans, tableau étiqueté, test des différentiels « Chambre 2 : prise manquante mur est, prévue au plan de vente »
Ventilation et chauffage Bouches en place et aspirantes, radiateurs fixés, notices remises « Séjour : bouche VMC absente, gaine visible »
Extérieurs privatifs Garde-corps fixés, évacuation des eaux du balcon, fissures d'enduit en angle de tableau « Balcon : fissure d'enduit en angle de tableau côté sud, à mesurer et suivre »

Ce qui n'est pas une réserve. Les demandes de modification (déplacer une prise que le plan situait bien là), les préférences esthétiques sur un matériau conforme à la notice, les usures normales d'un chantier nettoyé ne sont pas des réserves et affaiblissent le procès-verbal lorsqu'elles s'y mélangent. Un procès-verbal de vingt réserves sérieuses vaut mieux qu'un procès-verbal de soixante lignes dont la moitié sera écartée.

À retenir

une réserve n'a de valeur que si elle est localisée, décrite et, quand c'est possible, mesurée et rattachée à la notice descriptive ; tout défaut apparent non réservé au procès-verbal ni dans le mois suivant la prise de possession est réputé accepté.

Peut-on refuser la remise des clés ou le paiement du solde à la livraison VEFA ?

L'acquéreur ne peut refuser la livraison VEFA que si le logement n'est pas achevé au sens de l'article R261-1 du CCH ; dès lors qu'il est achevé, même imparfait, il doit en prendre livraison, poser ses réserves et, s'il conteste la conformité, consigner le solde de 5 % plutôt que le retenir. Le vendeur, de son côté, peut refuser de remettre les clés tant que le solde n'est ni payé ni consigné. Ces deux règles, mal connues, expliquent l'essentiel des blocages observés le jour de la livraison.

Le refus de prendre livraison. Refuser la livraison signifie ne pas signer le procès-verbal et ne pas prendre les clés. Ce refus n'est fondé que si l'immeuble n'est pas achevé : ouvrages non exécutés, équipements indispensables non installés (absence d'eau, d'électricité ou de chauffage, sanitaires non raccordés, accès non sécurisé, ascenseur hors service pour un étage élevé). L'article R261-1 précise à l'inverse que les défauts de conformité non substantiels et les malfaçons qui ne rendent pas le bien impropre à sa destination ne font pas obstacle à l'achèvement. Un acquéreur qui refuse la livraison d'un logement achevé au motif de finitions défectueuses s'expose à être considéré comme défaillant : le vendeur peut faire constater la mise à disposition par commissaire de justice, les garanties commencent à courir, et les pénalités de retard cessent. En cas de désaccord sur l'achèvement lui-même, sa constatation peut être confiée à un homme de l'art selon les modalités prévues au contrat ou par le juge ; l'acquéreur a intérêt à faire établir un constat indépendant le jour même, sans attendre.

La consignation du solde. L'article R261-14 du CCH plafonne les paiements exigibles à chaque stade de la construction et prévoit que le solde, payable à la mise à disposition, peut être consigné en cas de contestation sur la conformité avec les prévisions du contrat. Consigner n'est pas retenir : la somme doit être effectivement déposée, à la Caisse des dépôts et consignations ou entre les mains du notaire ou d'un séquestre si l'acte le prévoit, et le justificatif présenté au vendeur. La Cour de cassation a jugé à plusieurs reprises qu'un acquéreur qui se contente de ne pas payer, sans consigner, ne peut exiger les clés ; la consignation régulière, à l'inverse, oblige le vendeur à livrer. La somme consignée est libérée au fur et à mesure de la levée des réserves, d'un commun accord ou sur décision judiciaire.

Stade de la construction (art. R261-14 CCH) Paiement cumulé maximal Ce que cela signifie à la livraison
Achèvement des fondations 35 % du prix Déjà versé
Mise hors d'eau 70 % du prix Déjà versé
Achèvement de l'immeuble 95 % du prix Appelé avant ou avec la convocation
Mise à disposition (livraison) 100 % du prix, soit un solde de 5 % Payable le jour J ; consignable en cas de contestation de conformité

Le refus de remise des clés par le vendeur. Il est légitime si le solde n'est ni payé ni consigné. Il ne l'est pas si l'acquéreur a payé ou consigné régulièrement : le vendeur qui retient alors les clés engage sa responsabilité contractuelle, et les pénalités de retard prévues au contrat continuent de courir. Le refus motivé par des sommes autres que le prix — frais annexes contestés, travaux modificatifs non réglés — s'apprécie au regard de l'acte de vente, qui précise ce qui est exigible à la livraison ; en règle générale, seul le prix de vente conditionne la remise des clés.

Livraison des parties privatives et parties communes. Le logement peut être achevé alors que des parties communes ou des équipements collectifs ne le sont pas. La livraison du lot privatif reste alors possible ; les réserves sur les parties communes relèvent du syndicat des copropriétaires, qui organise leur propre livraison. L'acquéreur a néanmoins intérêt à faire noter au procès-verbal de son lot les inachèvements communs qui affectent l'usage de son logement : accès, ascenseur, éclairage des circulations, local vélos.

Les pénalités de retard. Elles ne sont pas légales mais contractuelles ; de nombreux contrats VEFA reprennent le taux d'un trois-millième du prix par jour de retard applicable au CCMI, assorti de causes légitimes de suspension du délai (intempéries constatées, défaillance d'entreprise, grève). Leur point de départ est la date de livraison contractuelle ; elles cessent à la mise à disposition effective, ce qui rend la date portée au procès-verbal déterminante et justifie de ne jamais signer un procès-verbal antidaté. Les fiches de l'ANIL détaillent les mécanismes de protection de l'acquéreur en VEFA, garantie financière d'achèvement comprise.

À retenir

refuser la livraison n'est fondé que si le bien n'est pas achevé au sens de l'article R261-1 du CCH ; dans tous les autres cas, l'acquéreur prend livraison, pose ses réserves et consigne effectivement le solde de 5 % s'il conteste la conformité. Sans paiement ni consignation, le vendeur peut légitimement garder les clés.

Quel cadre juridique s'applique après la livraison VEFA : garanties, délais et recours ?

Après la livraison VEFA, l'acquéreur dispose de deux régimes successifs : la garantie des vices et défauts de conformité apparents, propre à la vente d'immeuble à construire, puis les garanties de construction (biennale et décennale) que le vendeur lui doit au titre de l'article 1646-1 du Code civil, avec l'assurance dommages-ouvrage comme mécanisme de préfinancement. La confusion la plus fréquente porte sur le point de départ de ces délais : les garanties de construction courent à compter de la réception entre le promoteur et ses entreprises, pas de la livraison, ce qui peut retirer plusieurs mois de couverture effective à l'acquéreur.

L'action sur les défauts apparents. Réserver ne suffit pas ; il faut encore agir dans le délai. L'article 1648, alinéa 2, du Code civil impose d'introduire l'action relative aux vices et défauts de conformité apparents dans l'année qui suit la date à laquelle le vendeur peut être déchargé de ces défauts, c'est-à-dire à l'expiration du mois déjà évoqué. En pratique, l'acquéreur dispose donc d'environ treize mois à compter de la prise de possession pour saisir le juge si les réserves ne sont pas levées. Une mise en demeure par lettre recommandée ne suspend pas ce délai ; seule une assignation, ou un accord écrit du vendeur reconnaissant la réserve et s'engageant sur une date, sécurise la position. Les contrats prévoient parfois une clause de conciliation préalable ; elle doit être respectée avant toute action, mais elle n'allonge pas le délai de l'article 1648.

Le relais par les garanties de construction. Le vendeur d'immeuble à construire est tenu, à compter de la réception des travaux, des obligations qui pèsent sur les constructeurs : responsabilité décennale de l'article 1792 pour les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, garantie de bon fonctionnement de l'article 1792-3, d'une durée minimale de deux ans, pour les éléments d'équipement dissociables. La garantie de parfait achèvement de l'article 1792-6, en revanche, lie le promoteur à ses entreprises et non l'acquéreur au promoteur ; l'acquéreur n'a pas à s'en prévaloir, son outil est la garantie des défauts apparents décrite ci-dessus. Cette architecture explique pourquoi la date de réception, que l'acquéreur ne signe pas, doit lui être communiquée : c'est elle qui fixe l'échéance des dix ans et des deux ans.

La garantie d'isolation phonique. Le Code de la construction et de l'habitation impose au vendeur d'immeuble à construire une garantie spécifique du respect de la réglementation acoustique, d'une durée d'un an à compter de la prise de possession. Elle est précieuse parce que l'isolement acoustique n'est pas contrôlable le jour de la livraison sans mesure instrumentée ; une gêne constatée après l'emménagement peut être objectivée par une mesure acoustique et opposée au vendeur dans ce délai.

L'assurance dommages-ouvrage. Souscrite par le promoteur avant l'ouverture du chantier, elle bénéficie aux propriétaires successifs et préfinance la réparation des dommages de nature décennale sans attendre la recherche de responsabilité. L'assureur dispose de soixante jours à compter de la déclaration pour prendre position sur la garantie, puis de quatre-vingt-dix jours pour présenter une offre d'indemnité (article L242-1 du Code des assurances). L'attestation d'assurance doit figurer dans les pièces remises à la livraison ; son absence est à noter au procès-verbal.

Garantie ou action Fondement Point de départ Durée Ce qu'elle couvre
Défauts apparents non réservés Art. 1642-1 C. civ. Prise de possession 1 mois Vices et non-conformités visibles
Action en justice sur les réserves Art. 1648 al. 2 C. civ. Fin du mois précédent 1 an Réserves non levées
Isolation phonique CCH Prise de possession 1 an Non-respect de la réglementation acoustique
Bon fonctionnement Art. 1792-3 C. civ. via 1646-1 Réception promoteur/entreprises 2 ans minimum Équipements dissociables
Décennale Art. 1792 C. civ. via 1646-1 Réception promoteur/entreprises 10 ans Solidité, impropriété à destination
Dommages-ouvrage Art. L242-1 C. assurances Fin de la garantie de parfait achèvement Jusqu'à 10 ans après réception Préfinancement des dommages décennaux

Les recours pratiques. Trois voies s'ordonnent selon la gravité. Pour des réserves ordinaires non levées, la libération partielle du solde consigné se négocie point par point sur la base d'un constat contradictoire. Pour un désaccord technique sur la qualification d'un désordre, une expertise amiable contradictoire, à laquelle le vendeur est convoqué par écrit, fixe les faits sans passer par le tribunal. Pour un désordre grave ou un blocage persistant, le référé-expertise permet d'obtenir la désignation d'un expert judiciaire ; l'acquéreur y arrive mieux armé lorsqu'il produit un rapport privé structuré selon la norme NF X50-110 (2024) sur la qualité en expertise. Les fiches de l'Agence Qualité Construction sur les désordres les plus fréquents en logement neuf aident à orienter le désordre vers la bonne garantie.

À retenir

après la livraison VEFA, l'acquéreur a environ treize mois à compter de la prise de possession pour agir en justice sur les réserves non levées ; les garanties biennale et décennale, dues par le vendeur au titre de l'article 1646-1, courent depuis la réception entre promoteur et entreprises, dont la date doit être demandée.

Combien coûte une assistance à la livraison VEFA et que fait l'expert sur place ?

Une assistance à la livraison VEFA par le cabinet est facturée 690 € HT, soit 828 € TTC, tant que l'enjeu du dossier reste inférieur à 30 000 € ; au-delà, l'honoraire est de 5 % de l'enjeu. Cette prestation comprend la préparation sur pièces, la présence pendant toute la visite et la rédaction des réserves dans les termes du procès-verbal. Les tarifs pratiqués sur le marché de l'assistance livraison VEFA varient selon les intervenants ; nous ne connaissons que notre grille et les montants réellement facturés sur nos dossiers, que nous exposons ici.

Ce qui est compris dans l'honoraire d'entrée. Avant la visite, l'expert lit la notice descriptive, les plans de vente, les avenants de travaux modificatifs et, s'il existe, le compte rendu de pré-livraison ; il en tire une liste de contrôle propre au lot. Le jour de la livraison, il conduit la visite dans l'ordre technique — enveloppe, second œuvre, fluides, équipements, annexes — et non dans l'ordre émotionnel de la découverte du logement. Il dicte ou rédige chaque réserve selon la structure en cinq éléments décrite plus haut, numérote les photographies en correspondance, et vérifie que la date de mise à disposition et les relevés de compteurs portés au procès-verbal sont exacts. Après la visite, il transmet à l'acquéreur la liste consolidée, prête à servir de base aux réserves complémentaires du mois suivant.

L'instrumentation. Le contrôle ne repose pas sur l'œil seul. La règle de 2 m et la cale d'épaisseur mesurent la planéité des sols et des enduits au regard des tolérances des DTU du lot (DTU 26.1 pour les enduits, DTU 13.1 pour les dallages lorsqu'ils sont visibles, DTU 40.21 pour les couvertures en tuiles accessibles depuis les extérieurs privatifs). Le mètre laser relève les surfaces pièce par pièce pour les rapprocher du plan de vente. Le testeur de prises vérifie la présence de terre et la polarité de chaque socle ; le déclenchement des différentiels est provoqué au bouton test. L'humidimètre de surface contrôle les bas de cloisons et les zones de douche lorsque le chantier a été livré peu après les enduits humides. Une caméra thermique, si la saison le permet, révèle des défauts d'isolation ou des ponts thermiques autour des menuiseries, sans pouvoir les quantifier — elle oriente une réserve, elle ne la prouve pas seule.

Les autres prestations de la grille. Selon le stade du dossier, une prestation différente peut être plus pertinente que la présence le jour J.

Prestation Prix publié Quand elle s'applique Ce qu'elle produit
Télérelevé à distance 490 € Avant la livraison, relecture de la notice, des plans et des photos de pré-livraison Liste de contrôle personnalisée, points à exiger le jour J
Assistance à la livraison 690 € HT (828 € TTC) sous 30 000 € d'enjeu ; 5 % au-delà Présence pendant la visite Réserves rédigées, photos numérotées, contrôle du PV
Note technique 720 € Désaccord sur la qualification d'une réserve après la livraison Avis motivé sur un point précis, référencé aux DTU
Constat 960 € (acompte 60 %) Doute sur l'achèvement, refus de clés, désordre à figer avant travaux Description datée et mesurée, opposable au vendeur
Expertise contradictoire Médiane facturée 900 € (535 dossiers) Réserves non levées, vendeur convoqué Rapport contradictoire servant de base à la libération du solde ou au juge
Contre-expertise Médiane facturée 790 € (66 dossiers) Rapport du promoteur ou de son assureur contesté Analyse critique et positionnement technique

Les médianes indiquées sont celles réellement facturées sur nos dossiers ; elles diffèrent des prix publiés parce qu'une partie des interventions se situe sous le seuil d'enjeu ou concerne des lots simples. Elles ne préjugent pas d'un devis, qui dépend de la surface du lot, du nombre d'annexes et de la distance.

Ce que l'honoraire ne comprend pas. L'expert ne signe pas le procès-verbal, qui reste l'acte de l'acquéreur ; il n'a pas la qualité de commissaire de justice et son constat n'a pas la force probante d'un constat d'huissier, même s'il est régulièrement retenu comme élément de preuve technique. Il ne se prononce pas sur les clauses financières du contrat, qui relèvent du notaire ou de l'avocat. Enfin, les coûts de travaux de reprise que le vendeur refuserait d'assumer — reprise d'un carrelage, remplacement d'un vitrage — sont des montants de travaux, à distinguer du coût de l'expertise ; l'expert les évalue dans son rapport, il ne les facture pas.

Rapporter le coût à l'enjeu. Pour un logement vendu 250 000 €, le solde consignable représente 12 500 € ; l'assistance d'entrée en représente environ 5,5 %. Pour un lot à 400 000 €, l'enjeu dépasse le seuil de 30 000 € dès que la contestation porte sur plus de 7,5 % du prix, ce qui reste rare à la livraison ; l'honoraire d'entrée s'applique donc dans la grande majorité des livraisons. La comparaison utile n'est pas avec le prix du logement mais avec le coût d'une reprise que l'acquéreur devrait financer lui-même faute de réserve : un carrelage de séjour ou une menuiserie extérieure dépassent chacun ce montant.

À retenir

l'assistance à la livraison VEFA coûte 690 € HT dans notre grille sous 30 000 € d'enjeu et couvre la préparation sur pièces, la visite instrumentée et la rédaction des réserves ; l'expert ne signe pas le procès-verbal et son coût se compare au prix d'une seule reprise non réservée, pas au prix du logement.

Quelles situations particulières compliquent une livraison VEFA : retard, surface, travaux modificatifs, parties communes ?

Quatre situations reviennent dans les livraisons difficiles : un retard de livraison dont la cause est contestée, un écart de surface entre le plan de vente et le logement livré, des travaux modificatifs acquéreur mal documentés, et des parties communes inachevées qui pèsent sur l'usage du lot. Chacune se traite par une pièce contractuelle précise, à réunir avant la visite plutôt qu'après.

Le retard et ses causes légitimes. Le contrat de vente fixe une date ou un trimestre de livraison et énumère les causes légitimes de report : intempéries au sens de la réglementation du bâtiment, défaillance d'une entreprise, grève, injonction administrative, retard de raccordement par un concessionnaire. Ces causes ne se présument pas : le promoteur les justifie par une attestation de l'architecte ou du maître d'œuvre indiquant le nombre de jours concernés, et la plupart des contrats prévoient que chaque jour d'intempérie est compté avec un coefficient majorateur. L'acquéreur est fondé à demander cette attestation avant de renoncer aux pénalités. Une livraison reportée plusieurs fois sans justificatif écrit s'analyse différemment d'un report unique attesté ; c'est à partir des courriers de report, datés, que la durée indemnisable se calcule. La question distincte de la défaillance du promoteur et de la garantie financière d'achèvement est traitée par l'ANIL et ne relève pas de la livraison proprement dite.

L'écart de surface. La loi Carrez ne s'applique pas à la vente en l'état futur d'achèvement ; c'est le contrat qui fixe la surface habitable ou la surface privative annoncée et la tolérance admise, très fréquemment de 5 % en moins sans indemnité. La surface habitable se définit par le Code de la construction et de l'habitation comme la surface de plancher construite déduction faite des murs, cloisons, marches, gaines, embrasures, et des parties de hauteur inférieure à 1,80 m. Le relevé au mètre laser le jour de la livraison, pièce par pièce, permet de rapprocher le livré du plan de vente ; un écart supérieur à la tolérance contractuelle ouvre droit à une réduction de prix, à faire figurer au procès-verbal en termes chiffrés (« surface habitable relevée X m² pour Y m² au plan de vente ») et à confirmer par lettre recommandée dans le mois. Les surfaces annexes (balcon, terrasse, cave, stationnement) obéissent à des définitions distinctes et ne s'additionnent pas à la surface habitable.

Les travaux modificatifs acquéreur (TMA). Déplacement d'une cloison, suppression d'une porte, changement de revêtement, ajout de prises : chaque modification doit avoir donné lieu à un avenant signé, avec plan modifié et prix. À la livraison, le contrôle se fait sur l'avenant, non sur la notice descriptive d'origine, et la réserve doit citer l'avenant. Le cas le plus délicat est celui d'un TMA accepté oralement ou par courriel sans avenant : le promoteur peut livrer conforme au contrat initial sans manquement, et l'acquéreur n'a de recours que sur le fondement des échanges écrits qu'il produit. Le solde des TMA n'est pas le prix de vente ; comme vu plus haut, son règlement ne conditionne en principe pas la remise des clés, mais l'acte peut en disposer autrement et doit être relu sur ce point.

Les parties communes et les équipements collectifs. Leur livraison se fait au syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic désigné dans le règlement de copropriété, et non à chaque acquéreur. Les réserves sur les halls, circulations, toiture-terrasse, locaux techniques, espaces verts et réseaux communs sont portées au procès-verbal de livraison des parties communes ; l'acquéreur qui constate un désordre commun l'écrit au syndic pour qu'il figure dans ce procès-verbal, et le fait noter à son propre procès-verbal seulement lorsqu'il affecte l'usage de son lot. Les parties communes sont aussi le lieu où apparaissent les premiers désordres structurels visibles — fissures en angle de tableau ou d'acrotère, épaufrures de nez de balcon — dont l'acquéreur a intérêt à conserver une photographie datée le jour de la livraison, même s'ils relèvent du syndicat.

Situation Pièce à réunir avant la visite Ce qui se note au procès-verbal Suite à donner
Retard contesté Courriers de report, attestation d'intempéries du maître d'œuvre Date réelle de mise à disposition Calcul des jours indemnisables, réclamation écrite
Écart de surface Plan de vente coté, clause de tolérance du contrat Surface relevée pièce par pièce Demande de réduction de prix dans le mois
TMA Avenants signés et plans modifiés Réserve citant l'avenant concerné Levée sur la base de l'avenant
Parties communes inachevées Règlement de copropriété, identité du syndic Inachèvements affectant l'usage du lot Signalement écrit au syndic
Acquéreur absent Procuration écrite nommant le mandataire Identité du mandataire Transmission du PV et des photos le jour même
Livraison hors saison de chauffe Notice descriptive (chauffage, ventilation) Mise en service impossible à vérifier Réserve conditionnelle, contrôle au premier allumage

Deux cas de figure moins visibles. L'acquéreur qui ne peut être présent peut se faire représenter par un mandataire muni d'une procuration écrite ; l'expert ne remplit pas ce rôle, il assiste le mandataire comme il assisterait l'acquéreur. La livraison en dehors de la saison de chauffe empêche de vérifier le fonctionnement réel du chauffage et parfois de la ventilation ; la réserve se formule alors comme un contrôle différé (« fonctionnement du chauffage non vérifiable à la livraison, à contrôler à la première mise en service »), ce qui préserve la possibilité de dénoncer un défaut au-delà du mois. Le même raisonnement vaut pour l'étanchéité d'une terrasse livrée par temps sec.

À retenir

retard, surface, travaux modificatifs et parties communes se traitent chacun par une pièce contractuelle précise — attestation de report, plan coté et clause de tolérance, avenant signé, règlement de copropriété — à réunir avant la livraison VEFA ; ce qui ne peut pas être vérifié le jour J se réserve comme un contrôle différé, jamais comme une absence de réserve.

FAQ : vos questions sur livraison vefa ?

Comment reconnaître une véritable livraison VEFA d'une simple visite du logement ?

La livraison VEFA se reconnaît à trois marqueurs : une convocation écrite du vendeur fixant la date de mise à disposition, un appel de fonds du solde joint ou antérieur, et un procès-verbal à signer par les deux parties. Une visite sans procès-verbal ni appel de fonds — visite cloisons, pré-livraison, visite commerciale — n'a pas cette portée. Si le promoteur propose de « visiter en avance » sans document à signer, il s'agit d'une pré-livraison, utile mais sans effet juridique.

Le promoteur peut-il refuser d'inscrire une réserve au procès-verbal ?

Il peut contester une réserve, pas en interdire l'inscription. Le procès-verbal est contradictoire : l'acquéreur y écrit ses observations, le vendeur ajoute éventuellement sa position en regard. Si le représentant du promoteur refuse d'écrire ou de laisser écrire, l'acquéreur mentionne ce refus sur le document, signe avec la mention de réserves annexées, et adresse la liste complète par lettre recommandée le jour même ou le lendemain, dans le mois de la prise de possession.

Faut-il signer le procès-verbal si l'on est en désaccord sur certains points ?

Oui, dès lors que le logement est achevé. Signer le procès-verbal constate la mise à disposition ; cela n'emporte pas acceptation des désordres, à condition qu'ils soient inscrits en réserves. Refuser de signer un logement achevé fragilise l'acquéreur, comme vu plus haut. La bonne pratique consiste à signer en indiquant « avec réserves, liste jointe de N pages », en paraphant chaque page et en conservant un exemplaire identique à celui du vendeur.

Combien coûte une livraison VEFA pour l'acquéreur, en dehors du prix du logement ?

La livraison en elle-même n'est pas facturée : ce qui devient exigible est le solde du prix, 5 % au maximum. S'y ajoutent des frais périphériques qui ne dépendent pas du vendeur : souscription d'une assurance habitation avant la remise des clés, ouverture des contrats d'énergie et d'eau, première provision sur charges appelée par le syndic, et, si l'acquéreur le souhaite, l'assistance d'un expert indépendant, 690 € HT dans notre grille.

Quel est le tarif d'un expert pour une livraison VEFA et que couvre-t-il ?

Dans notre grille, l'honoraire d'entrée est de 690 € HT, soit 828 € TTC, pour un enjeu inférieur à 30 000 €, et de 5 % de l'enjeu au-delà. Il couvre la préparation sur pièces, la présence pendant la visite et la rédaction des réserves. Un constat formel pour figer un désaccord sur l'achèvement est facturé 960 €, avec acompte de 60 %. Les prix de travaux de reprise sont une autre dépense, à distinguer du coût de l'expertise.

L'assistance à la livraison VEFA est-elle utile si une pré-livraison a déjà eu lieu ?

Elle reste utile parce que la pré-livraison ne produit pas de document opposable et que les corrections annoncées ne sont pas toujours réalisées. L'assistance le jour J vérifie point par point le compte rendu de pré-livraison, transforme en réserves ce qui n'a pas été repris et contrôle ce qui n'était pas visible plus tôt : équipements posés en dernier, nettoyage de fin de chantier révélant des rayures, mise en eau des sanitaires.

Comment notifier des réserves complémentaires après la livraison VEFA ?

Par lettre recommandée avec accusé de réception adressée au vendeur, à l'adresse figurant dans l'acte de vente, dans le mois qui suit la prise de possession. La lettre reprend la structure des réserves du procès-verbal — pièce, ouvrage, désordre, mesure, référence contractuelle — et joint des photographies datées. Un courriel peut doubler l'envoi pour accélérer la prise en compte, mais seule la lettre recommandée fait preuve certaine de la date de notification.

Que se passe-t-il si le vendeur ne lève jamais les réserves ?

L'acquéreur dispose d'un an, à compter de la fin du mois suivant la prise de possession, pour saisir le tribunal sur le fondement de l'article 1648 du Code civil. Avant cela, une expertise amiable contradictoire, à laquelle le vendeur est convoqué, permet souvent d'obtenir un calendrier de reprise ou la libération partielle du solde consigné. Passé le délai, les réserves non levées ne peuvent plus être poursuivies sur ce fondement, sauf à relever d'une garantie de construction.

Quand faire appel à un expert indépendant pour sa livraison VEFA ?

Faire appel à un expert indépendant pour sa livraison VEFA se justifie lorsque l'acquéreur n'est pas en mesure de qualifier lui-même ce qu'il voit, lorsque l'enjeu financier d'une réserve manquée dépasse le coût de l'assistance, ou lorsque la relation avec le promoteur est déjà tendue et que la visite risque de tourner à la négociation plutôt qu'au constat. Dans les autres cas, un acquéreur méthodique, muni de la notice descriptive, des plans et d'une règle de 2 m, peut conduire une livraison correcte seul.

Les critères qui font pencher vers l'assistance. Le premier est la complexité du lot : une maison en VEFA dans un lotissement, un duplex avec terrasse, un appartement avec plusieurs annexes ou des travaux modificatifs nombreux multiplient les points de contrôle et les pièces contractuelles à croiser. Le deuxième est l'éloignement : un acquéreur investisseur qui ne réside pas sur place, ou qui délègue la livraison à un mandataire peu familier du bâtiment, a besoin d'un regard technique à côté de la signature. Le troisième est l'existence d'un désaccord antérieur — reports de livraison contestés, pré-livraison dont les points n'ont pas été traités, échanges déjà conflictuels sur des TMA — qui laisse prévoir un procès-verbal disputé. Le quatrième est le doute sur l'achèvement lui-même : dès que l'acquéreur envisage de refuser la livraison ou de consigner le solde, il a intérêt à ce qu'un tiers indépendant décrive l'état du bien le jour même, dans un constat daté, plutôt que de s'appuyer sur ses seules photographies.

Ce que l'indépendance apporte. Le promoteur est assisté à la livraison par son conducteur de travaux ou son responsable de programme, qui connaît les tolérances des DTU et sait distinguer ce qui relève d'une reprise de ce qui entre dans la tolérance. L'acquéreur seul n'a généralement pas ce référentiel ; il réserve alors trop ou trop peu. L'expert indépendant rétablit l'équilibre : il écarte les réserves infondées, qui affaiblissent le procès-verbal, et formule en termes techniques celles qui tiendront face au vendeur, avec la mesure et la référence normative qui permettront de les lever ou de les plaider. Sa méthode suit la norme NF X50-110 (2024), qui encadre la qualité de la démarche d'expertise : mission écrite, observations distinguées des interprétations, conclusions traçables.

Ce que l'expert ne fait pas. Il ne négocie pas le prix, ne conseille pas sur les clauses financières de l'acte, ne se substitue ni au notaire ni à l'avocat, ne signe pas à la place de l'acquéreur et ne dresse pas de constat ayant la force d'un acte de commissaire de justice. Il ne garantit pas non plus que toutes les réserves seront levées : il garantit qu'elles seront formulées de manière à pouvoir l'être.

Le bon moment pour le solliciter. L'intervention la plus efficace se prépare à réception de la convocation, soit plusieurs semaines avant la date : c'est le délai nécessaire pour lire la notice descriptive et les avenants, dresser la liste de contrôle du lot et, si une pré-livraison est prévue, y assister ou en relire le compte rendu. Une demande formulée la veille reste possible mais prive l'expert de la préparation sur pièces, qui fait une part importante de la valeur de l'assistance. Après la livraison, l'expert intervient encore utilement dans le mois de la prise de possession pour compléter les réserves, puis lors de la levée des réserves pour vérifier point par point ce qui a réellement été repris avant la libération du solde consigné.

Après la livraison. Lorsque le désaccord porte non plus sur des finitions mais sur un désordre évolutif — fissure qui s'ouvre, infiltration en terrasse, affaissement de dallage — l'assistance à la livraison n'est plus le bon outil ; une expertise contradictoire ou un constat s'imposent, et la question relève alors des garanties de construction exposées plus haut. Pour le cadre général de l'expertise bâtiment au-delà de la livraison, la page parente du cabinet fait le point.

À retenir

l'assistance d'un expert indépendant à la livraison VEFA se justifie quand le lot est complexe, l'acquéreur éloigné, la relation avec le promoteur déjà tendue ou l'achèvement douteux ; elle se prépare dès la convocation, sur pièces, et ne remplace ni le notaire ni le commissaire de justice.

La livraison VEFA concentre en quelques heures des décisions qui engagent pour des années : prendre ou refuser livraison, formuler des réserves opposables, payer ou consigner le solde. La méthode tient en quelques principes que cette page a détaillés. Le refus des clés n'est fondé que si le bien n'est pas achevé au sens du Code de la construction et de l'habitation ; pour tout le reste, on prend livraison avec des réserves précises, localisées et mesurées, et l'on consigne effectivement le solde si la conformité est contestée. Le mois qui suit la prise de possession sert à compléter la liste, pas à la commencer. Les garanties qui prennent ensuite le relais ne couvrent que ce qui n'était pas apparent le jour de la livraison.

Une assistance livraison VEFA par un expert indépendant a pour seule fonction de sécuriser ce moment : regard méthodique lot par lot, mesure des écarts au regard des DTU et de la notice descriptive, rédaction des réserves dans des termes qui se lèvent ou se plaident. Nos honoraires sont publiés et proportionnés à l'enjeu. Pour une livraison à venir en Occitanie, ou pour un désaccord déjà né sur l'achèvement ou la consignation, vous pouvez contacter le cabinet en indiquant la date de convocation et le type de bien ; nous vous dirons ce qu'une intervention apporte dans votre situation, et ce qu'elle n'apporte pas.

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