Dane SIDIBE intervient en expertise du bâtiment sur les Bouches-du-Rhône. Sa double qualité d’ingénieur bureau d’études structure et de maître d’œuvre oriente sa façon de traiter un désordre. Un ingénieur structure ne regarde pas une fissure comme une dégradation de surface : il la lit comme la trace d’un déséquilibre dans la manière dont l’ouvrage transmet ses charges au sol. Un maître d’œuvre, lui, connaît la chaîne de production du bâtiment de l’intérieur — les études, les marchés, l’ordonnancement des corps d’état, les interfaces où les responsabilités se perdent. Réunies, ces deux lectures permettent de dire non seulement ce qui ne va pas, mais où, quand et par qui la faute a été commise.
Le département présente une combinaison de contraintes que l’on retrouve peu ailleurs. Le bâti ancien des centres, en pierre et en maçonnerie de moellons, souffre de fondations peu profondes, de planchers bois anciens et de décennies d’interventions successives non coordonnées. Le parc des années 1950 à 1980, très présent autour de l’étang de Berre et sur le pourtour marseillais, est majoritairement en béton armé : il pose des questions de carbonatation, de corrosion des armatures et d’éclatement des bétons, aggravées en front de mer par les embruns chlorurés. Les sols, enfin, mêlent argiles sensibles au retrait-gonflement, remblais et terrains de coteaux, dans un climat de sécheresses répétées entrecoupées d’épisodes pluvieux intenses.
Les missions relèvent de trois familles. Les désordres de structure d’abord, où il s’agit de savoir si la solidité de l’ouvrage est engagée et si le bâtiment reste propre à son usage. Les litiges tous corps d’état ensuite, lorsqu’un chantier a été réceptionné avec des malfaçons dont plusieurs entreprises se renvoient la responsabilité. Les expertises préventives enfin, avant une acquisition ou avant la signature d’un procès-verbal de réception, quand le point de bascule juridique n’est pas encore franchi.
Dans les trois cas, le rapport est écrit pour être opposé : à une entreprise, à un maître d’œuvre, à un assureur, le cas échéant à un tribunal. Il distingue les constatations de l’analyse, il décrit les reprises à engager, et il indique ce que les constatations ne permettent pas de trancher.