Emile ENGELDINGER intervient en Seine-Maritime, depuis Rouen. Ce que cette fiche peut dire de lui avec certitude tient d’abord à son équipement, et c’est moins anecdotique qu’il n’y paraît : la liste des instruments qu’un expert emporte dit assez précisément ce qu’il va chercher. La sienne est celle de quelqu’un qui veut repartir d’une visite avec des valeurs, pas avec des impressions.
Un hygromètre, d’abord, pour mesurer le taux d’humidité des matériaux et de l’air. C’est l’instrument qui sépare une remontée capillaire d’une infiltration et l’une comme l’autre d’un simple phénomène de condensation — trois causes qui produisent des taches ressemblantes et appellent des réparations sans rapport entre elles. Une caméra d’inspection ensuite, pour voir à l’intérieur de ce qui est fermé : canalisations, gaines techniques, conduits de fumée, vides sous plancher, cavités de maçonnerie. Un télémètre laser, un niveau, un mètre ruban et un déclimètre pour relever des cotes, contrôler l’aplomb d’un mur, la planéité d’un sol, la pente d’un chéneau ou d’une terrasse. Enfin une règle de mesure du double vitrage, outil discret mais décisif dans les litiges de menuiserie, puisqu’elle donne l’épaisseur des verres et de la lame d’air et permet de vérifier si le vitrage posé correspond à celui qui a été vendu.
À cela s’ajoutent les moyens d’atteindre ce qu’on n’atteint pas : une échelle escamotable de trois mètres, pour les trappes, les combles et les parties hautes accessibles, et un projecteur portable à LED, parce qu’un vide sanitaire, une cave ou un comble ne se constatent pas au téléphone. Cet équipement dessine une pratique de terrain orientée vers l’eau sous toutes ses formes — infiltration, remontée, condensation, fuite en canalisation — et vers la géométrie de l’ouvrage : ce qui n’est plus d’aplomb, plus de niveau, plus à la bonne pente. Ce sont, de très loin, les deux familles de désordres les plus fréquentes dans le parc normand, entre bâti ancien en pans de bois ou en brique, immeubles de la reconstruction et pavillonnaire des couronnes rouennaise, havraise et dieppoise, le tout sous un climat pluvieux qui ne pardonne aucun défaut d’évacuation d’eau.