Sylvain RAYNAL exerce comme expert judiciaire en bâtiment. La qualité change la nature du travail plus qu’on ne le croit : elle impose une discipline de preuve, un formalisme de convocation et une rédaction dont chaque affirmation doit pouvoir être rattachée à une constatation matérielle. Cette discipline, il l’applique aussi bien aux missions confiées par des juridictions qu’aux expertises privées conduites de façon contradictoire, où les parties et leurs assureurs sont convoqués et où leurs observations sont consignées.
Ses interventions portent sur Paris et la première couronne — Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne — ainsi que sur les Yvelines et l’Oise. Ce périmètre concentre un bâti particulièrement exigeant. Les immeubles de rapport et haussmanniens y posent des questions de descente de charges, de planchers bois anciens, de murs mitoyens et de reprises en sous-œuvre. Le sous-sol francilien ajoute ses propres contraintes : anciennes carrières, dissolution du gypse, argiles plastiques sensibles aux variations hydriques, nappes qui remontent. Les grandes opérations de surélévation, de création de niveaux enterrés et de restructuration lourde produisent enfin une part importante des sinistres constatés, parce qu’elles touchent à la structure d’ouvrages qui n’avaient pas été conçus pour cela.
Sa spécialité déclarée est la structure. Cela signifie qu’il ne lit pas une fissure comme un désordre isolé, mais comme la trace visible d’un déséquilibre : un appui qui a bougé, une charge qui a changé de chemin, un plancher qui a perdu son encastrement, un mur qui n’est plus contreventé. L’expertise consiste à remonter ce cheminement jusqu’à son origine, puis à dire ce que cela implique pour la solidité de l’ouvrage et pour son usage. C’est à cette condition que le désordre peut être qualifié au regard de la garantie décennale, de la responsabilité d’un constructeur ou d’un défaut d’entretien.
Ses rapports sont conçus pour être discutés. Les constatations sont numérotées et illustrées, l’analyse est séparée des faits, les dires des parties sont repris et traités, et la conclusion se limite à ce que les constatations permettent d’affirmer. Un avocat qui reçoit ce document doit pouvoir en tirer un moyen ; une partie adverse doit pouvoir le contester point par point. C’est ce qui distingue un rapport d’expertise d’un avis technique.