Longrine béton : définition, rôle, prix et pathologies

 
20 à 40 cmlargeur courante d'une longrine
40 à 80 cmhauteur courante d'une longrine
120 à 300 €coût au mètre linéaire d'une longrine
10 ansdurée de la garantie décennale

Mis à jour le 2 octobre 2026

Longrine béton : définition, rôle, pathologies (glossaire fondations) : de quoi parle-t-on ?

Fissure traversante sur une dalle béton de garage, à rapprocher de la longrine béton de rive et de ses appuis.
Fissure sur un dallage de garage : lorsqu'il est porté en rive par une longrine, le tracé de la fissure oriente vers l'appui qui a bougé.

La longrine béton est l'un de ces mots de fondation que l'on rencontre sans jamais l'avoir vue : elle est enterrée, ou cachée dans un vide sanitaire, et n'apparaît au lecteur qu'à travers un devis, un plan de structure, un rapport d'expertise ou une ligne de facture. La question revient souvent dans les demandes que reçoit notre cabinet et conduit une partie de ces recherches vers notre site: cette page comble ce manque.

Trois situations amènent le plus souvent la question. Un maître d'ouvrage lit sur son devis « longrines béton armé sur plots » et veut savoir ce qu'il paie et pourquoi son constructeur n'a pas retenu de simples semelles. Un acquéreur descend dans le vide sanitaire d'une maison et découvre des poutres de béton posées sur des massifs, avec un dallage qui semble flotter au-dessus du sol. Un propriétaire enfin voit une fissure s'ouvrir sur un mur de refend ou sur le dallage du garage, et l'entreprise ou l'assureur évoque « un tassement d'appui sous la longrine ».

Cette page répond dans l'ordre à ces trois lecteurs. Elle donne la définition et le rôle exact de la longrine dans une fondation, la manière de la reconnaître et de la distinguer d'une semelle filante, d'un chaînage ou d'un soubassement, les ordres de prix publics de sa réalisation et de sa reprise, ses pathologies et leurs causes, le cadre normatif et les garanties mobilisables, puis le délai et l'interlocuteur à prévoir quand un désordre apparaît. Nous l'écrivons comme un glossaire raisonné des fondations, à partir des textes techniques publics, sans autre ambition que de permettre au lecteur de comprendre ce qu'il lit et de poser les bonnes questions.

À retenir

la longrine béton est une poutre de fondation cachée que l'on ne rencontre qu'à travers un devis, un plan ou un désordre ; cette page en fixe la définition, les prix, les pathologies et la méthode de diagnostic.

Ouverture dans une dalle béton sur un vide sanitaire humide, espace d'observation de la longrine béton et de ses plots.
Vue depuis une ouverture du dallage sur un vide sanitaire humide : c'est depuis cet espace que l'expert observe les longrines et leurs appuis.

Combien coûte une longrine béton ?

Une longrine béton armé coulée en place coûte, en ordre de grandeur public, 120 à 300 € le mètre linéaire hors terrassement et hors appuis. Une fondation complète sur longrines et plots, appuis compris, se situe plutôt entre 250 et 600 € le mètre linéaire, et une reprise en sous-œuvre par longrine de redressement sous un bâtiment existant dépasse couramment 1 000 € le mètre. Le tableau ci-dessous détaille ces postes.

Poste Fourchette (ordre de grandeur) Ce qui fait varier le montant
Longrine béton armé coulée en place, hors appuis 120 à 300 € le mètre linéaire Section (20×40 à 40×80 cm), densité de ferraillage, coffrage, accès du camion-toupie
Longrine préfabriquée posée sur plots 100 à 250 € le mètre linéaire, fourniture et pose Portée entre appuis, moyens de levage, distance de l'usine
Plot ou puits court en béton (par appui) 300 à 900 € l'unité Profondeur du bon sol, nature du terrain, évacuation des déblais
Micropieu sous longrine (par pieu) 1 500 à 4 000 € l'unité Profondeur d'ancrage, nombre de pieux, accès de la machine
Longrine de redressement en reprise en sous-œuvre 1 000 à 3 000 € le mètre linéaire Travail en site occupé, phasage par passes, reprise du dallage
Étude de sol G2 (NF P94-500) 1 500 à 3 000 € Surface du projet, nombre de sondages, essais en laboratoire
Expertise indépendante des désordres (Global Expertises) à partir de 690 € HT (828 € TTC) Enjeu inférieur à 30 000 € ; au-delà, 5 % de l'enjeu
Mesure du taux d'humidité d'une paroi à l'humidimètre, contrôle en pied de mur au-dessus des fondations.
Relevé d'humidité à l'humidimètre en pied de mur : une humidité persistante au niveau de la fondation accompagne souvent les tassements d'appui.

Ces montants sont des ordres de grandeur issus de barèmes publics et de devis observés sur le marché ; ils ne remplacent pas un chiffrage établi après diagnostic et étude de sol, seul opposable à une entreprise ou à un assureur.

Le prix au mètre d'une longrine coulée en place rémunère trois choses : le béton (de l'ordre de 0,1 à 0,3 m³ par mètre linéaire selon la section, en classe C25/30 au minimum pour un élément en contact avec le sol), l'acier (couramment 80 à 120 kg par m³ de béton pour une poutre de fondation, ratio bien supérieur à celui d'une semelle filante) et le coffrage, qui disparaît lorsque la longrine est coulée en pleine fouille. C'est ce ferraillage, indispensable pour qu'une poutre travaille en flexion entre deux appuis, qui explique qu'une longrine coûte au mètre nettement plus qu'une semelle filante de même volume.

Le second poste, souvent sous-estimé sur les devis, est celui des appuis. Une longrine ne fonctionne qu'avec les plots, puits ou pieux qui la portent ; leur nombre dépend de la portée admissible (3 à 5 m en pratique courante) et leur profondeur du niveau où l'étude de sol a trouvé un terrain porteur. Un même linéaire de longrine peut ainsi coûter du simple au triple selon que les appuis descendent à 1 m ou à 4 m.

La longrine préfabriquée n'est pas systématiquement moins chère : elle économise le coffrage et le temps de durcissement sur chantier, mais impose un engin de levage et une géométrie d'appuis très régulière. Elle est courante en bâtiment industriel et agricole, plus rare en maison individuelle où les portées et les niveaux varient.

En reprise en sous-œuvre, le prix change d'échelle. La longrine de redressement se coule sous un mur existant, par passes alternées d'un mètre environ, entre des micropieux ou des puits forés depuis l'intérieur. Le coût est porté par l'accès, le phasage et la démolition-reconstitution du dallage, non par le béton lui-même. Ces travaux entrent dans le champ de la garantie décennale ou de la garantie catastrophes naturelles lorsqu'ils réparent un désordre ; la fiche pratique de service-public.fr sur la garantie décennale précise les délais et les conditions de mise en jeu.

Enfin, le coût de l'expertise ne se confond pas avec celui des travaux. Notre grille publiée démarre à 690 € HT, soit 828 € TTC, pour un enjeu inférieur à 30 000 € ; au-delà, les honoraires représentent 5 % de l'enjeu. Sur nos dossiers réellement facturés, la médiane d'un constat s'établit à 790 € (2 323 dossiers) et celle d'une expertise contradictoire à 900 € (535 dossiers). Ce montant achète un avis indépendant sur la cause du désordre, la nature de la reprise nécessaire et le bon interlocuteur à saisir, avant d'engager des travaux de plusieurs milliers d'euros.

À retenir

compter 120 à 300 € le mètre pour la longrine seule, 250 à 600 € le mètre pour une fondation complète sur longrines et plots, plus de 1 000 € le mètre en reprise en sous-œuvre ; le coût des appuis pèse autant que celui de la poutre, et l'expertise indépendante (à partir de 690 € HT) se chiffre à part.

Qu'est-ce qu'une longrine béton et quel rôle joue-t-elle dans les fondations ?

Une longrine béton est une poutre de fondation en béton armé, horizontale, qui reçoit les charges d'un mur, d'un dallage ou d'une file de poteaux et les reporte sur des appuis ponctuels — plots, puits, pieux ou micropieux — descendus jusqu'au terrain porteur. Elle appartient à la famille des fondations, mais elle fonctionne comme une poutre : elle travaille en flexion entre ses appuis, là où une semelle filante s'appuie sur le sol en continu et ne fait que répartir.

Cette différence de fonctionnement commande tout le reste. Une semelle filante suppose un sol homogène et porteur à faible profondeur ; dès que ce sol manque (remblais, argiles sensibles au retrait-gonflement, terrain en pente, poches compressibles), la semelle tasse de manière inégale et le mur fissure. La longrine contourne le problème : on va chercher le bon sol par points, et l'on jette entre ces points une poutre suffisamment armée pour que le sol de surface ne serve plus à rien. Le vide ou le remblai situé sous la longrine n'a alors aucun rôle porteur ; c'est précisément ce qui la distingue, et ce qu'un œil non averti prend parfois pour un défaut.

Nous la rencontrons dans quatre configurations. En maison individuelle sur vide sanitaire, les longrines portent les murs périphériques et de refend et reçoivent les poutrelles du plancher bas ; c'est une solution courante dans les secteurs d'aléa argileux fort d'Occitanie, où le retrait-gonflement des argiles est cartographié par le Bureau de recherches géologiques et minières. En bâtiment industriel ou agricole, les longrines de rive relient les massifs des poteaux et portent le bardage et le dallage périphérique. En terrain en pente, elles permettent de rattraper le niveau sans déplacer des volumes de terre. En reprise en sous-œuvre enfin, la longrine dite de redressement vient soulager un mur qui tasse, en reportant sa charge sur de nouveaux appuis profonds.

Type de longrine Appuis Emploi courant Point de vigilance
Longrine sur plots ou puits courts Massifs en béton à 1 à 3 m de profondeur Maison individuelle sur vide sanitaire, sol médiocre en surface Homogénéité de l'ancrage des plots dans le bon sol
Longrine sur pieux ou micropieux Pieux forés ou battus, souvent au-delà de 4 m Remblais épais, argiles gonflantes, sols compressibles Liaison longrine-pieu (armatures d'attente), poinçonnement
Longrine de rive Massifs des poteaux d'ossature Bâtiments industriels, agricoles, commerciaux Support du bardage et du dallage périphérique, gel
Longrine préfabriquée Plots ou massifs à niveaux calés Ossatures régulières, chantiers rapides Appuis d'about, joints, calage au mortier
Longrine de redressement Micropieux ou puits forés sous mur existant Reprise en sous-œuvre d'un bâtiment qui tasse Phasage par passes, transfert progressif de charge

Sur le plan des matériaux, une longrine se coule dans un béton de classe C25/30 au minimum, avec un enrobage des armatures porté à 3 à 5 cm pour les faces en contact avec le sol. Sa hauteur se prédimensionne de façon courante entre le dixième et le douzième de la portée entre appuis : une portée de 4 m appelle une poutre de 35 à 40 cm de haut, ensuite affinée par le calcul béton armé. Sa face inférieure est placée hors gel, soit selon les zones climatiques françaises à 50 cm à 1 m sous le terrain fini, sauf lorsque des appuis profonds l'en dispensent. Ses armatures — filants hauts et bas, cadres, aciers de liaison avec les appuis — la rapprochent d'une poutre ou d'un chaînage plus que d'une fondation classique ; le glossaire des éléments de structure détaille ce vocabulaire de la poutre et du chaînage, utile pour lire un plan de béton armé.

Sur le plan normatif, les longrines portées par des plots ou des puits courts relèvent des fondations superficielles et du NF DTU 13.1 ; celles portées par des pieux relèvent des fondations profondes et de l'Eurocode 7. Dans les deux cas, le dimensionnement des appuis suppose une étude géotechnique de conception (mission G2 au sens de la norme NF P94-500 de 2013), sans laquelle la longrine n'est qu'une poutre posée sur des inconnues. L'Agence Qualité Construction rappelle de longue date que les fondations figurent parmi les postes les plus coûteux à reprendre lorsqu'ils sont mal conçus, et le CSTB publie les référentiels d'évaluation des procédés de fondation et de reprise en sous-œuvre.

À retenir

la longrine béton est une poutre armée qui porte les murs ou le dallage entre des appuis ponctuels descendus au bon sol ; le sol situé directement sous elle n'a aucun rôle porteur, et sa qualité dépend d'abord de l'étude de sol qui a fixé la profondeur de ses appuis.

Comment reconnaître une longrine béton et la distinguer d'une semelle, d'un chaînage ou d'un soubassement ?

On reconnaît une longrine béton à ce qu'elle ne repose pas sur le sol en continu : c'est une poutre rectangulaire, plus haute que large, qui prend appui sur des massifs distincts et sous laquelle le terrain ou le vide ne porte rien. Une semelle filante, à l'inverse, est plus large que haute et s'enfonce dans le sol sur toute sa longueur ; un chaînage est noyé dans le mur qu'il ceinture ; un soubassement est la partie visible du mur entre le sol et le plancher bas.

Sur le terrain, l'observation se fait depuis le vide sanitaire ou depuis une fouille. La longrine apparaît comme une poutre de 20 à 40 cm de large et de 40 à 80 cm de haut, aux faces coffrées ou brutes de fouille, interrompue à intervalles réguliers par des massifs plus larges — les plots — qui la dépassent souvent en pied. Entre deux plots, un espace libre ou un remblai décompacté sous la sous-face signale que le concepteur n'a pas voulu que le sol porte. Les poutrelles du plancher bas reposent sur son arase supérieure, parfois avec un lit de mortier visible. Sur une longrine préfabriquée, on repère en outre les abouts calés et les éventuelles ferrures d'attente.

Sur les documents, la longrine se lit sur le plan de fondations (plan de coffrage et plan de ferraillage établis par le bureau d'études béton), où elle est repérée par une lettre — L ou LG — suivie d'un numéro, avec ses cotes de section, ses armatures et la position des plots repérés P. La coupe de principe montre la sous-face de la longrine au-dessus du terrain naturel et les plots qui descendent jusqu'à la cote d'ancrage donnée par l'étude de sol. Nous demandons systématiquement trois pièces — plan de fondations, étude géotechnique, procès-verbal de réception — avant toute visite de fondations : un désordre s'analyse par écart entre ce qui a été conçu et ce qui a été construit.

Terme Ce que c'est Comment le distinguer de la longrine
Semelle filante Fondation continue en béton, souvent 40 à 60 cm de large pour 20 à 30 cm d'épaisseur, posée sur le sol Plus large que haute ; porte par contact continu avec le sol
Semelle isolée Fondation ponctuelle sous un poteau Carrée ou rectangulaire, sans linéaire
Plot, puits, massif Appui ponctuel en béton descendu au bon sol C'est ce qui porte la longrine, à intervalles de 3 à 5 m
Pieu, micropieu Appui profond foré ou battu, 15 à 30 cm de diamètre pour un micropieu Élancé, métallique ou béton armé, dépasse rarement du sol
Chaînage horizontal Ceinture armée noyée dans le mur au niveau des planchers Fait partie du mur, ne porte pas sur des appuis
Soubassement Partie basse du mur entre fondation et plancher bas, visible en façade Élément de mur, pas de fondation ; peut être posé sur une longrine
Dallage Dalle de béton coulée sur le sol (terre-plein) ou portée (plancher bas) Horizontal, mince (12 à 20 cm) ; peut reposer sur la longrine en rive

Vue de l'extérieur, la longrine reste invisible : ce que l'on voit au ras du sol est le soubassement, avec son enduit et parfois une plinthe de rive. Les éléments de façade situés juste au-dessus — appuis et linteaux des baies du rez-de-chaussée — sont pourtant les premiers à marquer un mouvement de la longrine, sous forme de fissures en escalier ou de décollement d'appui ; le glossaire des éléments de façade précise ce vocabulaire du linteau, de l'appui et du soubassement que les rapports d'expertise emploient.

lire une longrine depuis le vide sanitaire

L'œil suit d'abord la sous-face de la poutre pour vérifier qu'elle reste dégagée du sol entre deux plots et qu'aucun remblai ne s'est mis à la porter par endroits.

Il cherche ensuite, sur la face verticale, une fissure inclinée partant d'un appui ou une fissure verticale à mi-portée, qui traduisent respectivement un cisaillement et une flexion excessive.

Il finit par le pied des plots et la liaison longrine-plancher, où les traces d'humidité, les efflorescences ou un décalage d'arase indiquent un tassement d'appui ou une venue d'eau.

Lorsque le doute persiste — pas de vide sanitaire, pas de plan — un sondage ponctuel à la pelle ou au carottage le long du mur tranche : on trouve soit une semelle large et peu épaisse posée sur le sol, soit une poutre haute avec du vide ou un remblai sous elle. Ce sondage, sans conséquence pour la structure s'il reste à distance des appuis, est la première opération d'une expertise de fondations quand les documents manquent.

À retenir

la longrine est une poutre plus haute que large, posée sur des plots espacés de 3 à 5 m, sans appui continu sur le sol ; la semelle filante est plus large que haute et porte en continu, le chaînage fait partie du mur, le soubassement est le mur visible au-dessus de la fondation.

Quelles sont les pathologies d'une longrine béton et leurs causes ?

Les pathologies d'une longrine béton se ramènent presque toutes à un déplacement inégal de ses appuis : un plot qui descend, un pieu qui poinçonne ou un sol qui gonfle sous la sous-face, et la poutre, conçue pour porter entre des points fixes, se met à travailler autrement que prévu. Les désordres propres au béton lui-même — corrosion des armatures, béton mal vibré, attaque chimique — existent mais sont plus rares, et se reconnaissent à ce qu'ils apparaissent sans mouvement de la structure.

La première cause de tassement d'appui, dans le Sud-Ouest et en Occitanie, est le retrait-gonflement des argiles. Un plot ancré trop court reste dans la tranche de sol qui se dessèche l'été et se réhydrate l'hiver ; il descend lors d'une sécheresse, remonte partiellement ensuite, et la longrine qu'il porte subit à chaque cycle une rotation que le mur au-dessus traduit en fissures en escalier. Le phénomène est aggravé par un arbre planté à moins de la hauteur adulte de son feuillage, par une fuite de réseau enterré qui humidifie un seul appui, ou par un drainage qui rejette les eaux pluviales au pied d'un plot. La cartographie de l'exposition à cet aléa est consultable sur le site Géorisques du ministère de la Transition écologique (georisques.gouv.fr), commune par commune.

La deuxième cause tient au remblai. Lorsqu'un plot n'a pas atteint le terrain naturel et repose dans une couche rapportée — plateforme mal compactée, ancienne fouille, comblement de mare ou de cave —, il tasse sous la charge dès les premiers mois, puis à chaque venue d'eau qui lubrifie le remblai. Le désordre se déclare tôt, souvent avant la fin de la première année, ce qui le distingue d'un désordre argileux dont les cycles s'étalent sur plusieurs saisons.

La troisième cause est inverse : le sol qui devait ne rien porter se met à pousser. Lorsque la longrine a été coulée en pleine fouille sur une argile gonflante sans vide ni matériau compressible en sous-face, la réhydratation du sol soulève la poutre entre ses appuis. La fissuration change alors de sens — la partie haute du mur s'ouvre là où un tassement l'aurait comprimée — et le dallage se bombe au lieu de s'affaisser. Ce diagnostic inversé est une erreur classique d'une lecture trop rapide.

Viennent ensuite les défauts d'exécution propres à la poutre. Un enrobage insuffisant laisse l'acier au contact du sol humide ; la corrosion gonfle, fait éclater le béton en plaques parallèles aux armatures, et les traces de rouille en sous-face signent le désordre bien avant qu'il n'affecte la portance. Un béton ségrégé ou mal vibré laisse des nids de cailloux qui deviennent des chemins d'eau. Une liaison longrine-pieu sans armatures d'attente suffisantes se rompt au premier mouvement horizontal. Enfin, dans les sols gypseux ou riches en sulfates, l'attaque chimique du béton — qui impose normalement une classe d'exposition XA et un ciment adapté — désagrège la peau de la poutre en quelques années.

Symptôme observé Mécanisme probable Cause d'origine la plus fréquente Gravité indicative
Fissure inclinée à 45° partant d'un appui, sur la face verticale de la longrine Cisaillement près de l'appui Tassement du plot voisin ou surcharge non prévue Élevée : structurelle
Fissure verticale à mi-portée, ouverte en sous-face Flexion excessive Portée réelle supérieure à la portée calculée, appui manquant ou décalé Élevée : structurelle
Fissures en escalier sur le mur porté, ouvertes vers le haut Tassement d'un appui Argile en retrait, remblai, fuite de réseau Moyenne à élevée selon l'ouverture et l'évolution
Fissures en escalier ouvertes vers le bas, dallage bombé Soulèvement de la longrine par le sol Argile gonflante sous la sous-face, absence de vide Moyenne à élevée
Éclats de béton en plaques, traces de rouille Corrosion des armatures Enrobage insuffisant, béton poreux, chlorures Moyenne, progressive
Peau du béton friable, aspect « sucré », dépôts blancs Attaque sulfatique ou lessivage Sol gypseux, eaux agressives, ciment inadapté Variable, à évaluer par prélèvement
Décalage d'arase entre longrine et plot, plancher qui « sonne » creux Rupture d'appui ou poinçonnement Plot sous-dimensionné, sol compressible Élevée : à faire vérifier sans délai

L'ouverture de la fissure guide la première appréciation. La pratique de l'expertise retient trois seuils : en dessous de 0,2 mm, on parle de microfissure, souvent liée au retrait du béton et sans conséquence mécanique ; de 0,2 à 2 mm, la fissure traduit un mouvement qu'il faut caractériser ; au-delà de 2 mm, la lézarde signale un déplacement franc et impose de vérifier la stabilité de l'appui. Cette classification ne dit rien de la cause ; elle dit seulement à quelle vitesse il faut instruire.

Le critère décisif n'est pourtant pas l'ouverture mais l'évolution. Un tassement de remblai s'amortit et la fissure se stabilise ; un cycle argileux rouvre la fissure chaque fin d'été et la referme partiellement l'hiver ; une rupture d'appui s'aggrave sans saisonnalité. C'est pourquoi, lors d'une expertise sur ce sujet, l'expert pose des témoins ou des jauges sur les fissures principales et relève des niveaux sur le plancher bas, puis lit ces mesures sur au moins un cycle hydrique complet, soit un an dans les climats à été sec. L'Agence Qualité Construction documente dans ses fiches pathologie cette lecture différentielle des fissures de fondation, qui sépare le désordre actif du désordre stabilisé.

À retenir

une longrine béton se fissure presque toujours parce qu'un appui a bougé — argile qui se rétracte, remblai qui tasse, sol qui gonfle en sous-face — et rarement par défaut du béton lui-même ; l'orientation de la fissure indique le mécanisme, son ouverture indique l'urgence, et seule son évolution sur un cycle saisonnier indique si le mouvement est achevé.

Quel cadre normatif et quelles garanties s'appliquent à une longrine béton ?

Une longrine béton relève, pour sa conception, du NF DTU 13.1 lorsque ses appuis sont superficiels et de l'Eurocode 7 lorsqu'ils sont profonds, avec une étude géotechnique préalable au sens de la norme NF P94-500 ; pour ses garanties, elle est un élément de fondation, donc un ouvrage au sens de l'article 1792 du Code civil, et ses désordres engagent de plein droit la responsabilité décennale du constructeur dès qu'ils compromettent la solidité ou rendent le bâtiment impropre à sa destination. Ce double rattachement — technique et juridique — est ce qui distingue le sort d'une longrine de celui d'un simple ouvrage de second œuvre.

Sur le plan technique, l'étude de sol n'est plus seulement une bonne pratique. Depuis la loi ELAN, les articles L132-4 et suivants du Code de la construction et de l'habitation imposent, dans les zones d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, une étude géotechnique préalable lors de la vente d'un terrain constructible et une étude de conception avant la construction d'une maison individuelle ; à défaut, le constructeur doit respecter des dispositions constructives forfaitaires. Une longrine dont les plots ont été ancrés sans cette étude, dans une commune classée, est donc exposée dès l'origine à un défaut de conception que l'expert relève avant même d'examiner le béton. Le CSTB publie par ailleurs les évaluations techniques des procédés de micropieux et de reprise en sous-œuvre qui servent d'appui aux longrines de redressement ; un procédé sans évaluation n'est pas interdit, mais il doit être justifié par une note de calcul.

Sur le plan des garanties, la chronologie est la suivante. La garantie de parfait achèvement (article 1792-6) couvre pendant un an après réception tous les désordres signalés à la réception ou dans l'année ; un tassement de remblai qui se déclare dans les premiers mois relève de ce régime, et se traite par courrier recommandé au constructeur. La garantie décennale prend le relais pour dix ans sur les désordres qui affectent la solidité, ce qui est presque toujours le cas d'une fondation ; elle est mise en œuvre soit directement contre l'assureur de responsabilité du constructeur, soit, plus rapidement, auprès de l'assureur dommages-ouvrage souscrit par le maître d'ouvrage (obligation posée par l'article L242-1 du Code des assurances). Ce dernier dispose de 60 jours pour prendre position sur la garantie et de 90 jours pour présenter une offre d'indemnisation, délais encadrés par le même code.

Lorsque le désordre est lié à une sécheresse reconnue par arrêté interministériel de catastrophe naturelle, l'assurance multirisque habitation intervient au titre de la garantie cat-nat, avec une franchise réglementaire de 1 520 € pour les dommages dus à la sécheresse sur un bâtiment d'habitation, contre 380 € pour les autres périls naturels. La déclaration à l'assureur doit intervenir dans les 30 jours suivant la publication de l'arrêté au Journal officiel. Ce régime n'exclut pas la décennale : un plot ancré trop court dans une argile connue relève d'abord du constructeur, et l'assureur cat-nat qui indemnise peut se retourner contre lui.

Régime Durée ou délai Interlocuteur Ce qu'il couvre pour une longrine
Parfait achèvement (art. 1792-6 C. civ.) 1 an après réception Constructeur, par recommandé Tout désordre signalé dans l'année, dont tassement précoce
Décennale (art. 1792 C. civ.) 10 ans après réception Assureur du constructeur ou assureur dommages-ouvrage Désordre affectant la solidité ou la destination
Dommages-ouvrage (art. L242-1 C. assur.) Prise de position sous 60 jours, offre sous 90 jours Assureur DO du maître d'ouvrage Préfinancement des travaux de reprise sans recherche de responsabilité
Catastrophe naturelle sécheresse Déclaration sous 30 jours après arrêté Assureur multirisque habitation Dommages liés au retrait-gonflement reconnu, franchise 1 520 €
Vice caché (art. 1641 C. civ.) Action dans les 2 ans de la découverte Vendeur, puis tribunal Défaut de fondation non apparent lors d'une vente entre particuliers
Expertise judiciaire (art. 145 CPC) Référé, mission de plusieurs mois Tribunal judiciaire Établit contradictoirement la cause et les responsabilités

Au-delà de dix ans, ou pour une maison achetée d'occasion, le terrain change. L'acquéreur qui découvre après la vente une longrine mal fondée peut agir contre le vendeur sur le fondement de la garantie des vices cachés, dans les deux ans de la découverte, à condition que le défaut n'ait pas été apparent et que le vendeur n'ait pas valablement exclu sa garantie — la clause d'exclusion étant inopérante contre un vendeur professionnel ou de mauvaise foi. Le texte est consultable sur Légifrance, article 1641 du Code civil. L'expertise doit alors établir non seulement le désordre mais son antériorité à la vente et son caractère non décelable par un acheteur normalement attentif, ce qui suppose de dater les fissures et de relire l'état du vide sanitaire tel qu'il se présentait.

Lorsque les parties ne s'accordent ni sur la cause ni sur l'imputation, l'expertise judiciaire ordonnée en référé sur le fondement de l'article 145 du Code de procédure civile fixe le débat de manière contradictoire. Notre intervention en amont ou en accompagnement de cette mesure a pour objet de préparer les pièces, de formuler les dires techniques et d'éviter que l'expert judiciaire ne conclue sur la seule base des documents de l'entreprise. L'ANIL publie des fiches accessibles sur l'articulation de ces garanties pour les particuliers.

À retenir

la longrine relève du NF DTU 13.1 ou de l'Eurocode 7 selon ses appuis, et son étude de sol est devenue obligatoire en zone argileuse moyenne ou forte ; ses désordres se traitent par la parfait achèvement la première année, la décennale et la dommages-ouvrage jusqu'à dix ans, la garantie cat-nat en cas de sécheresse reconnue (franchise 1 520 €), et les vices cachés après une vente.

Quel délai prévoir et qui contacter pour une longrine béton en désordre ?

Entre la première fissure et la fin des travaux de reprise, il faut compter au minimum une année, dont l'essentiel est consacré non pas au chantier mais à l'observation et à l'instruction : deux à six semaines pour le constat et la lecture des pièces, six à douze mois de suivi pour caractériser le mouvement, deux à trois mois pour l'étude géotechnique de diagnostic et le projet de reprise, puis deux à six semaines de travaux pour une maison individuelle reprise par micropieux et longrines de redressement. Vouloir aller plus vite conduit soit à reprendre un désordre stabilisé qui ne le méritait pas, soit à reprendre trop peu d'appuis sur un mouvement encore actif.

La première démarche, dès l'apparition du désordre, est écrite. Si le bâtiment a moins de dix ans, un courrier recommandé au constructeur et une déclaration à l'assureur dommages-ouvrage ouvrent les délais vus plus haut et fixent la date de première manifestation, qui compte pour l'ensemble des garanties. Si une sécheresse est en cause, la demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle se fait auprès de la mairie, qui la transmet à la préfecture ; la commune doit déposer sa demande dans les 24 mois suivant le phénomène, et c'est la publication de l'arrêté qui déclenche le délai de déclaration à l'assureur. Le portail service-public.fr décrit ces démarches et leurs formulaires.

La deuxième démarche est le constat indépendant. Lors d'une expertise sur ce sujet, l'expert commence par les pièces — plan de fondations, étude de sol, procès-verbal de réception, historique des fuites et plantations — puis descend dans le vide sanitaire ou ouvre un sondage, relève les fissures avec leur orientation et leur ouverture, pose des témoins et prend des niveaux de référence sur le plancher. Le rapport de constat indique si le désordre est structurel, quel appui est suspecté, et si une surveillance ou une intervention immédiate s'impose. Nos honoraires pour cette étape sont ceux de la grille présentée dans la section consacrée aux prix ; le constat est facturé avec un acompte de 60 % à la commande.

La troisième étape est le suivi. Il n'a rien de passif : les relevés de témoins ou de jauges sont faits à intervalles fixes, idéalement à la fin de l'été et à la fin de l'hiver, et comparés à la pluviométrie locale. C'est ce suivi qui permet de dire à l'assureur si le désordre est évolutif — condition de sa prise en charge dans bien des contrats — et au géotechnicien quelle profondeur d'appui viser. Il peut être écourté lorsqu'une fissure dépasse le seuil de la lézarde ou qu'un décalage d'arase apparaît : le désordre est alors traité comme évolutif sans attendre.

Étape Délai indicatif Qui intervient Ce qui en sort
Déclaration écrite (constructeur, assureur DO ou MRH, mairie si sécheresse) Dès l'apparition, sous 30 jours pour la cat-nat après arrêté Propriétaire Date de première manifestation opposable
Constat indépendant sur pièces et sur site 2 à 6 semaines Expert bâtiment indépendant Qualification du désordre, appuis suspectés, pose de témoins
Suivi de l'évolution 6 à 12 mois, un cycle hydrique Expert, propriétaire pour les relevés intermédiaires Caractère évolutif ou stabilisé, saisonnalité
Étude géotechnique de diagnostic (mission G5, NF P94-500) 4 à 8 semaines Géotechnicien Profondeur du bon sol, cause du tassement, principe de reprise
Projet de reprise et consultation d'entreprises 1 à 2 mois Bureau d'études structure, entreprise spécialisée Note de calcul, devis, phasage
Travaux de reprise en sous-œuvre (maison individuelle) 2 à 6 semaines Entreprise de fondations spéciales Micropieux, longrines de redressement, reprise du dallage
Réception et suivi post-travaux 6 à 12 mois Expert, entreprise Vérification de la stabilisation, levée des réserves

Les interlocuteurs se répartissent selon la question posée. Le constructeur et son assureur répondent de la conception et de l'exécution ; l'assureur dommages-ouvrage préfinance sans attendre le partage des responsabilités ; l'assureur multirisque habitation intervient pour la sécheresse reconnue ; le géotechnicien dit où est le bon sol ; le bureau d'études structure dimensionne la reprise ; l'entreprise de fondations spéciales l'exécute. L'expert indépendant n'est ni l'un ni l'autre : il établit les faits avant que chacun de ces acteurs ne les interprète, et il vérifie que la reprise proposée traite la cause — l'appui qui bouge — et non le seul symptôme. Faire reboucher une fissure en escalier sans avoir identifié le plot défaillant est la dépense la plus fréquemment perdue dans ces dossiers.

Deux situations imposent d'accélérer. Lorsque le plancher bas se désolidarise de la longrine — décalage d'arase, poutrelle qui ne porte plus que d'un côté —, le risque n'est plus la fissure mais l'effondrement local, et l'étaiement précède toute observation. Lorsque le mouvement affecte un mur mitoyen ou un bâtiment sur rue, la mairie peut engager une procédure de mise en sécurité ; notre page consacrée à l'arrêté de péril décrit ce que le propriétaire doit alors faire et ce qu'il peut demander.

À retenir

compter une année au moins entre la première fissure et la fin de la reprise, dont six à douze mois d'observation ; déclarer par écrit sans attendre au constructeur, à l'assureur et, en cas de sécheresse, à la mairie ; faire établir un constat indépendant avant que l'entreprise ou l'assureur ne fixent la cause ; n'engager la reprise qu'une fois l'appui défaillant identifié par l'étude géotechnique.

FAQ : vos questions sur longrine béton ?

Une longrine béton doit-elle obligatoirement avoir du vide sous elle ?

Non, mais le sol qui se trouve sous elle ne doit jamais devenir porteur. En terrain stable, une longrine coulée en pleine fouille ne pose pas de difficulté ; en argile gonflante, il faut soit un vide franc, soit une couche compressible (polystyrène, matériau souple) sous la sous-face, pour que le gonflement du sol ne soulève pas la poutre entre ses appuis. L'absence de cette disposition dans un secteur argileux est un défaut de conception fréquent.

Une longrine béton fissurée est-elle toujours grave ?

Non. Une fissure fine, rectiligne, inférieure à 0,2 mm et sans évolution saisonnière relève du retrait du béton et ne compromet pas la portance. Devient préoccupante la fissure inclinée près d'un appui, la fissure verticale ouverte en sous-face à mi-portée, ou toute fissure qui se rouvre d'un été à l'autre. La gravité se juge sur le mécanisme et l'évolution, non sur la seule présence d'une fissure.

Peut-on reprendre une longrine béton sans démolir le dallage ?

Souvent, oui. Les micropieux se forent depuis l'extérieur en pied de mur ou depuis le vide sanitaire lorsque sa hauteur le permet, et la longrine de redressement se coule sous le mur par passes courtes. Le dallage n'est ouvert que lorsqu'il faut atteindre un appui intérieur ou lorsqu'il est lui-même affaissé. Le phasage est arrêté par le bureau d'études structure à partir de l'étude géotechnique de diagnostic.

Faut-il choisir des longrines ou des semelles filantes en zone argileuse ?

La réponse appartient à l'étude de sol, pas au catalogue du constructeur. Lorsque le terrain porteur se trouve à plus d'un mètre environ sous la tranche sensible aux variations d'humidité, les longrines sur plots ou micropieux permettent d'aller le chercher sans terrassement général ; lorsque l'argile est épaisse et homogène, des semelles filantes descendues sous la zone de dessiccation peuvent suffire. Dans les deux cas, la profondeur d'ancrage compte plus que le type de fondation.

Comment savoir si ma maison est fondée sur longrines ?

Trois indices convergent : un vide sanitaire accessible où l'on voit des poutres hautes posées sur des massifs espacés, un plan de fondations mentionnant des repères L ou LG avec des plots P, et un devis ou une facture du constructeur citant « longrines sur plots » ou « sur micropieux ». À défaut de ces éléments, un sondage ponctuel le long d'un mur, à distance des appuis, tranche en quelques heures.

Qui paie la reprise d'une longrine béton quand la maison a plus de dix ans ?

Passé le délai décennal, le constructeur n'est plus tenu, sauf faute dolosive prouvée. Restent trois voies : la garantie catastrophes naturelles de l'assurance habitation si une sécheresse est reconnue par arrêté, la garantie des vices cachés contre le vendeur si le défaut est antérieur à un achat récent et n'était pas décelable, et, à défaut, le propriétaire lui-même. L'expertise sert alors à établir laquelle de ces voies est ouverte.

Une longrine préfabriquée vaut-elle une longrine coulée en place ?

Sur le plan de la résistance, oui : le béton d'usine est souvent mieux contrôlé que celui d'un chantier. La différence tient aux appuis d'about et aux joints, qui doivent être calés et solidarisés avec soin, et à la régularité géométrique qu'impose la préfabrication. Ses désordres propres sont le décalage d'about mal calé et l'absence de continuité mécanique entre éléments, à vérifier sur le plan de pose.

Que doit contenir un rapport d'expertise sur une longrine béton ?

Un rapport utilisable par un assureur ou un tribunal décrit le système de fondation constaté, le compare aux plans et à l'étude de sol, localise et mesure chaque fissure avec son orientation, identifie l'appui ou les appuis suspectés, qualifie le désordre de stabilisé ou d'évolutif sur la base de relevés datés, et indique le principe de reprise et le régime de garantie mobilisable. Un rapport qui se limite à constater les fissures sans les rattacher à un appui n'aide personne.

La longrine béton se résume à une idée simple : quand le sol de surface ne peut pas porter, on ne le lui demande plus. On descend des appuis ponctuels jusqu'au terrain fiable et l'on jette entre eux une poutre armée qui reçoit les murs et le dallage. Tout le reste en découle — le prix, où les appuis pèsent autant que la poutre ; la lecture sur le terrain, où l'absence d'appui continu est la signature de l'ouvrage ; les pathologies, presque toujours nées d'un appui qui bouge plus que ses voisins ; le cadre normatif, qui fait de l'étude de sol la pièce maîtresse ; et le calendrier, où l'observation précède la reprise.

Lorsqu'une fissure apparaît sur un mur ou un dallage porté par des longrines, la question n'est pas de savoir si la longrine est « bonne » ou « mauvaise », mais quel appui s'est déplacé, pourquoi, et si le mouvement est achevé. C'est cette question que notre cabinet instruit, indépendamment de l'entreprise et de l'assureur, sur pièces puis sur site. Pour une situation précise, contactez un expert : nous vous indiquerons si un constat suffit ou si une expertise contradictoire s'impose.

Pour compléter la lecture, le glossaire des éléments de structure et celui des éléments de façade donnent le vocabulaire des poutres, chaînages, linteaux et appuis que les rapports emploient ; et lorsque le désordre de fondation menace la stabilité du bâtiment, notre page sur l'arrêté de péril décrit la procédure et les droits du propriétaire.

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