Rita BENRAHMOUN est architecte. C’est une formation d’ensemblier : elle porte sur la conception, la structure, l’enveloppe, les réseaux et la conduite d’une opération. Appliquée à l’expertise, elle change la façon de lire un désordre — une fissure n’est pas seulement une ouverture dans un mur, c’est le symptôme d’un comportement de l’ouvrage, et la question devient celle de savoir ce qui, dans la structure, le sol ou la mise en œuvre, produit ce comportement.
Elle intervient en qualité d’expert pour Global Expertises, sur des missions dont la nature dominante est le constat unilatéral. Le mot compte : à la différence de l’expertise contradictoire, qui réunit les parties, le constat unilatéral est demandé par une seule d’entre elles. Il ne vaut donc pas par un accord entre parties, mais par sa rigueur propre — précision du relevé, datation, localisation, prise de vues, et description de l’état constaté sans conclusion excédant ce qui a été observé. C’est ce qui lui permet d’être produit ensuite, y compris devant une juridiction, et discuté.
Ses saisines sont de quatre ordres. Les fissures d’abord, en façade comme en intérieur, avec la question qui les accompagne toujours : le désordre est-il stabilisé ou évolutif. Les sinistres ensuite — dégât des eaux, infiltration, désordre survenu après travaux — où il s’agit d’établir l’origine et l’étendue avant que les traces disparaissent. Les copropriétés, où la difficulté est souvent de départager ce qui relève des parties communes et ce qui relève des parties privatives, question dont dépend qui paie. Les locaux commerciaux enfin, où s’ajoutent les enjeux d’exploitation et les obligations entre bailleur et preneur.
Ses rapports sont relus par la direction technique du cabinet avant d’être remis au mandant. Ce n’est pas une formalité : le rapport repart chez son auteur lorsqu’un constat n’est pas localisé, qu’une cause est affirmée sans que les éléments qui l’établissent soient au dossier, ou qu’une préconisation est trop générale pour être chiffrée par une entreprise. C’est cette relecture qui rend le document homogène quel que soit l’expert qui s’est déplacé, et qui le protège lorsqu’il est discuté.